Pyrénées-Orientales : Cette grotte classée à l’Unesco est à vendre « pas moins de 300.000 euros »

PATRIMOINE Son propriétaire actuel souhaite s’en séparer, pour des raisons de santé

Nicolas Bonzom
L'entrée de la grotte de Cova-Bastera
L'entrée de la grotte de Cova-Bastera — Capture d'écran Google Maps
  • La Cova-Bastera, près de Perpignan, cherche un repreneur. Son propriétaire depuis 1983, Bernard Castillo, éreinté par des problèmes de santé, souhaite s’en séparer.
  • Cette grotte, en l’état depuis Louis XIV, est l’un des joyaux du patrimoine catalan.
  • Son propriétaire vend ce site historique « pas moins de 300.000 euros ».

Urgent, vend grotte, classée à l'Unesco. La Cova-Bastera, à Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales), cherche un repreneur. Son propriétaire, Bernard Castillo, éreinté par des problèmes de santé, souhaite s’en séparer. « Je ne me sens plus le courage de la faire fonctionner normalement », confie ce sexagénaire.

Mais hors de question, pour le nouveau patron des lieux, d’y installer un jacuzzi ou d’y griller des saucisses : cette grotte fortifiée, en l’état depuis le règne de Louis XIV, est l’un des joyaux du patrimoine catalan. Elle a même un passé préhistorique, mais les grands travaux, effectués au XVIIIe siècle pour y laisser passer des canons, l’a effacé.

« Ce n’est pas toutes les grottes qui sont classées à l’Unesco »

Chaque année, « sans un seul centime de publicité dépensée », note son propriétaire, entre 20.000 et 30.000 visiteurs courageux grimpent les 124 marches qui mènent à la Cova-Bastera. Il faut dire qu’elle est très bien desservie : elle est en bordure de la N116, « très fréquentée », détaille Bernard Castillo, et elle est rejointe par le TER à 1 euro, le célèbre train jaune, les lignes de bus catalanes. Et ça, c'est rare, pour une grotte.

Mais s’il y a du monde, dans cette grotte, c’est aussi parce qu’elle a un intérêt historique important. « Ce n’est pas toutes les grottes qui sont classées à l’Unesco, s’exclame son propriétaire. C’est la seule grotte fortifiée par Vauban », l’un des ingénieurs favoris de Louis XIV. « Ce n’est pas une grotte avec des stalagtites et des stalagmites, mais il y a de très grands espaces, et des plafonds à plus de 6,50 mètres de haut », poursuit-il.

Son père l’a achetée au « prix d’une Renault 5 neuve »

Petite particularité : il n’y a pas d’employé à la Cova-Bastera. Depuis 1983, Bernard Castillo règne, seul, dans cette grotte, depuis qu’il en a hérité. « Mon père était propriétaire d’une autre grotte, confie-t-il. Il voulait la protéger. » Alors, il achetait tous les recoins qui permettaient d’y accéder. Il a ainsi acquis la Cova-Bastera. « A l’époque, ce n’était pas très cher, c’était le prix d’une Renault 5 neuve ! », sourit le propriétaire. Son fils a ainsi hérité de ce joyau catalan, en rachetant les parts de sa fratrie. L’équivalent de 90.000 euros, confie-t-il. Aujourd’hui, il ne la vend « pas moins de 300.000 euros ».

Des grottes à vendre, c'est assez rare. Mais ça arrive, confie Roselyne Aulner, animatrice au sein de l'association des Grottes de France. Dans les cinq dernières années, la Cova-Bastera est, au minimum, la quatrième. Toutefois, « deux d'entre elles étaient des grottes qui n'étaient pas aménagées », note-t-elle.

Depuis quelques années, à la Cova-Bastera, l’entrée est gratuite pour tout le monde. Même si le propriétaire n’est pas contre un petit don des visiteurs, pour continuer à entretenir cette cavité historique. Mais le futur acquéreur sera libre d’y mettre un petit tarif. Alors, qui veut d’une grotte signée par l’architecte de Louis XIV ?