Lot : Une femelle varan qui n’a jamais croisé un mâle pond trois bébés

FAMILLE MONOPARENTALE Le parc zoologique Padiparc dans le Lot lance un appel à la communauté scientifique pour étudier le cas de Shy, une femelle varan qui n’a jamais vu de mâle mais vient pourtant d’avoir trois petits

H.M.
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Le premier des trois petits varans malais a cassé sa coquille le dimanche 23 janvier 2022.
Le premier des trois petits varans malais a cassé sa coquille le dimanche 23 janvier 2022. — Padiparc
  • Padiparc lance un appel à la communauté scientifique pour examiner le cas de Shy, une femelle varan.
  • Le parc zoologique lotois où vie cette femelle varan maltais n’a jamais hébergé le moindre mâle de son espèce, mais celle-ci est devenue mère de trois petits reptiles.
  • « Il n’y a à ma connaissance qu’un seul autre cas répertorié de parthénogenèse chez les varans malais, dans un parc de Saint-Martin-la-Plaine [près de Lyon], mais il n’a pas été prouvé scientifiquement », souligne le fondateur du parc.

En treize ans de vie de célibataire endurcie, Shy n’a même pas flirté. Et pour cause à Padiparc, le parc zoologique lotois où vie cette femelle  varan malais n’a jamais hébergé le moindre mâle de son espèce. Pourtant, voilà Shy mère de trois petits reptiles. Le premier est sorti d’un œuf éclos dimanche, les deux autres ont pointé leur frimousse lundi.

« En deux ans, elle nous a fait trois pontes, deux stériles, et une autre pour laquelle nous avons trouvé les œufs plus jolis, moins flétris, raconte Raphaël Da Fonseca, le fondateur de Padiparc. Je me suis dit, pourquoi pas, et nous les avons placés dans un incubateur ». Le spécialiste connaissait en effet des cas de parthénogenèse, autrement dit de conception sans mâle, chez une espèce cousine, le varan de Komodo. Un peu moins de cinq mois plus tard, l’intuition est devenue réalité.

Nécessité d’une enquête scientifique

« Il n’y a à ma connaissance qu’un seul autre cas répertorié de parthénogenèse chez les varans malais, dans un parc de Saint-Martin-la-Plaine [près de Lyon], mais il n’a pas été prouvé scientifiquement », souligne Raphaël Da Fonseca. Car en matière d’immaculée conception animale, plus connue chez les abeilles, il en va un peu comme pour les miracles à Lourdes, il faut enquêter, prouver. D’où l’appel lancé par Padiparc à la communauté scientifique pour examiner le cas de Shy et « avancer là-dessus ».

La jeune maman n’a pas encore été présentée à ses petits et l’histoire ne dit pas encore si l’un d’entre eux s’appellera Jésus. Mais les bébés varans seront à coup sûr les nouvelles attractions du parc qui rouvre au public le 1er février.