Alsace : « Une fille dans le bâtiment n'est pas forcément un stuck ! » Comment la carreleuse Kelly Cruz cartonne sur les réseaux sociaux

SUCCES L'Alsacienne de 29 ans est suivie par près de 700.000 comptes sur TikTok

Thibault Gagnepain
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Kelly Cruz adore son métier. Surtout lorsqu'il s'agit de carreler des salles de bains.
Kelly Cruz adore son métier. Surtout lorsqu'il s'agit de carreler des salles de bains. — Kelly Cruz
  • Kelly Cruz connaît un véritable succès sur les réseaux sociaux.
  • Quel est le secret de cette jeune carreleuse ? De montrer son quotidien de travail et de donner quelques conseils à sa communauté.
  • L’Alsacienne combat aussi les préjugés dans un milieu majoritairement masculin.

Qui a dit qu’on ne pouvait pas poser de carrelage avec des ongles manucurés ? Certainement pas Kelly Cruz ! « C’est même très pratique des fois, quand je n’ai pas de cutter », s’amuse cette Alsacienne, aujourd’hui suivie par près de 700.000 comptes sur  TikTok et 60.000 sur  Instagram.

Un succès assez fou et qui repose sur une recette : la jeune femme de 29 ans montre la plupart du temps son quotidien de… carreleuse. « Je n’étais pas trop réseaux sociaux à l’origine et en décembre 2020, j’ai publié ma première vidéo. C’était un trend sur des filles qui passaient de leur pyjama à une robe de soirée. Sauf que moi, après un rendez-vous chez le médecin, je suis arrivée toute propre sur un chantier avant d’en repartir crade ! C’était original et ça a pris tout de suite », retrace la native de Strasbourg, qui s’est depuis largement prise au jeu.

Elle a rejoint l’entreprise familiale il y a une dizaine d’années

Chaque jour, elle emmène ses abonnés sur ses différents lieux de travail et donne souvent quelques astuces. Comment poser des pierres de parement, des plinthes en angle, quels produits pour lisser des joints en silicone etc. Souvent, l’influenceuse répond aussi aux questions pratiques de sa communauté. « J’essaie au maximum de les aider mais des fois, je ne peux pas. On m’a demandé comment poser un tableau électrique mais moi, je suis carreleuse », s’amuse la Bas-Rhinoise, qui a rejoint l’entreprise familiale il y a une dizaine d’années. Alors qu’elle avait emprunté une autre voie.

« J’étais en coiffure et le bâtiment n’était vraiment pas une grande passion quand j’étais petite. Mais un jour, ça m’a tapé la tête d’aller travailler avec mon père », se souvient-elle. « Beaucoup de gens me disaient que je n’y arriverais pas, ça m’a encore plus motivé. »

« Au début, certains disaient que ce n’était pas moi qui travaillais »

Depuis, cette « petite nana de 1,57 m pour 48 kg » tient sa place comme les autres, dans un milieu majoritairement masculin. « Ce n’est pas toujours facile mais je me débrouille. On me met surtout dans les salles de bains, où les carreaux muraux sont plus légers et où j'aime la satisfaction du travail fini », détaille-t-elle, bien contente d’abattre les préjugés sur son métier. « Contrairement à ce que les gens pensent, une fille dans le bâtiment n’est pas forcément un stuck (un "morceau") ! On n’est pas forcément moche, attention je ne dis pas que je suis belle, et pas féminine ! »

Sur les réseaux aussi, « kelly.cruz.67 » a dû se battre contre quelques remarques machos. « Au début, certains disaient que ce n’était pas moi qui travaillais… Je reçois aussi des messages parfois un peu relous. Oui je suis célibataire mais ce n’est pas parce qu’on me suit qu’on va se marier ! » La presque trentenaire d’origine portugaise a d’autres priorités pour le moment. Pas forcément celle de succéder tout de suite à son père, « même s’il me pousse pour l’an prochain, moi je ne suis pas prête ». Surtout, elle veut « continuer à kiffer ! », aussi bien sur le terrain que sur TikTok ou Instagram.

« J’espère pouvoir encore gérer les deux, je m’éclate actuellement. Dans mon boulot mais aussi de voir que mes vidéos tournent ». Cela n’a pas échappé aux marques, notamment de bricolage. « J’ai beaucoup de demandes mais je n’ai pas accepté grand-chose pour le moment, seulement celle qui sont utiles dans mon activité », détaille l’influenceuse en avouant « gagner un peu de sous, c’est sûr. » Elle garde les pieds sur… terre… pas très loin du carrelage. « Je sais que ce succès sur les réseaux sociaux peut se terminer du jour au lendemain. » Plus vite qu’un chantier.