Colombie : Une partie des hippopotames de Pablo Escobar stérilisés pour maîtriser leur population

INVASION Onze animaux avaient déjà été stérilisés de manière traditionnelle

20 Minutes avec agences
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Un hippopotame dans le parc Hacienda Napoles, ancien zoo de Pablo Escobar à Doradal, le 22 juin 2016
Un hippopotame dans le parc Hacienda Napoles, ancien zoo de Pablo Escobar à Doradal, le 22 juin 2016 — RAUL ARBOLEDA AFP

Vingt-quatre des 80 hippopotames qui ont colonisé les eaux de l’ancienne propriété de Pablo Escobar en Colombie ont été stérilisés ce vendredi. Les responsables de l’opération veulent ainsi maîtriser la croissance « incontrôlée » de cette espèce « invasive ».

Les hippopotames ont reçu une injection de Gonaco, un contraceptif efficace quel que soit le sexe de l’animal. Le médicament est « moins cher » que la «  stérilisation chirurgicale », a précisé Cornare, une organisation régionale de protection de l’environnement. Des fusils à fléchettes ont été utilisés sur certains animaux, tandis que d’autres ont été « appâtés et capturés ».

Gestion d’une espèce invasive

L’opération est complexe car elle implique l’administration de trois doses. Soutenue financièrement et techniquement par les Etats-Unis, l’opération de castration chimique a duré près d’une semaine. Elle a l’ambition de devenir « une référence mondiale pour le contrôle d’une population invasive d’hippopotames, un cas unique sur la planète », selon Cornare. Onze premiers individus avaient déjà été stérilisés de manière traditionnelle.

Cette colonie de 80 hippopotames, la plus grande hors d’Afrique, est la descendance directe d’un couple importé par Pablo Escobar. Au sommet de sa gloire, le narcotrafiquant voulait les ajouter au zoo de son hacienda de Napoles, à une centaine de kilomètres au sud de Medellín. À sa mort en 1993, les animaux ont été abandonnés à leur sort en même temps que l’immense villa.

Une figure toujours emblématique de la Colombie

Flamants roses, girafes, zèbres et autres kangourous ont été vendus à des zoos. Laissés sur place sans prédateur, les hippopotames se sont multipliés, devenant une attraction mondiale mais surtout un problème environnemental et une menace pour les habitants. Leur présence a des conséquences, comme le déplacement de la faune locale, la modification des écosystèmes et des attaques contre les pêcheurs, explique un expert de Cornare.

Pablo Escobar, baron du crime chef du cartel de Medellín, fut l’un des hommes les plus riches du monde selon Forbes. Presque trente ans après sa mort, il reste inévitablement associé à la Colombie. Il a profondément marqué les imaginaires sur ce pays et les Colombiens eux-mêmes. Malgré sa chute et celle d’autres barons de la drogue, la Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne et les États-Unis son plus grand marché.