Nord : Qui a détruit le « mur des amoureux » de l’ancienne halte ferroviaire de Zuydcoote ?

MYSTERE Mardi matin, des engins ont détruit une partie du patrimoine de cœur des habitants de Zuydcoote en rasant l’ancienne halte ferroviaire du sanatorium. Problème, ni le propriétaire du terrain, ni la marie n’ont été mis au courant de ce chantier

Mikaël Libert
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Le mur désormais détruit de l'ancienne halte ferroviaire du sanatorium de Zuydcoote.
Le mur désormais détruit de l'ancienne halte ferroviaire du sanatorium de Zuydcoote. — Ville de Zuydcoote
  • L’ancienne halte ferroviaire du sanatorium de Zuydcoote a été détruite.
  • Un patrimoine de cœur pour les habitants de la ville dans un site classé Natura 2000.
  • Trois plaintes ont été déposées par la ville, la communauté urbaine et l’Hôpital maritime, propriétaire des lieux.

Souvenirs rasés. Mardi, une sorte de drame de la mémoire s’est joué dans la commune balnéaire de Zuydcoote, près de Dunkerque, dans le Nord. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, des engins de chantier ont mis par terre le bâtiment de l’ancienne halte ferroviaire du sanatorium maritime. Sauf que personne n’était au courant du funeste destin qui attendait cet endroit chargé de souvenirs pour les habitants de la commune : ni la ville, ni le propriétaire des lieux.

C’est un grand vacarme qui a alerté les gardes du littoral, mardi matin, vers 8h. Installés dans la ferme Nord, à Zuydcoote, ils n’ont pas mis longtemps à se rendre sur les lieux d’où provenait le bruit. Mais à leur arrivée, il était déjà trop tard : la halte ferroviaire, bâtie au début du XXe siècle, était déjà réduite à un tas de gravats. « Ils ont fait stopper le chantier et relevé le nom de l’entreprise de démolition. Mais ils n’ont pas obtenu le nom du commanditaire », explique-t-on à la maire de Zuydcoote.

Trois plaintes déposées pour trois motifs différents

« C’est un terrain qui appartient à l’Hôpital maritime et jamais nous n’avons demandé que la halte ferroviaire soit abattue », confirme la directrice générale adjointe de l’établissement, Lorine Roblot. En marie, on affirme par ailleurs qu’aucun permis de démolition n’a été déposé. « Le site et le bâtiment sont classés Natura 2000 et ils étaient compris dans le projet Opération grand site de la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) », affirme notre interlocuteur en mairie.

Du coup, trois plaintes ont été déposées dès le lendemain du drame : une par la mairie pour l’absence de permis de démolir, une par l’Hôpital maritime en tant que propriétaire et une dernière par la CUD pour la violation d’un site classé. Et outre ces trois instances, ce sont aussi les habitants historiques de Zuydcoote qui sont tombés des nues. Les plus anciens connaissaient bien l’endroit pour aller y fumer des clopes en douce ou pour s’y bécoter tranquillement. « Des souvenirs d’enfance qui s’envolent », déplore Catherine sur la page Facebook de la ville. « Vous avez détruit notre jeunesse, notre enfance, nos anecdotes sur cette gare », renchérit Laurent.

Alors qui, et surtout pourquoi ? Si une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver le commanditaire, un simple coup de téléphone passé par 20 Minutes à la SNCF permet d’y voir (un peu) plus clair. « Effectivement, c’est bien la SNCF qui a mandaté une entreprise pour abattre ce mur », nous affirme une porte-parole du transporteur. Derrière ce chantier, aucun projet immobilier : « Le mur était en mauvais état et menaçait un chemin de promenade qui le longeait. C’était une question de sécurité », poursuit la SNCF. Pour le transporteur ferroviaire, il y a peut-être une confusion sur la propriété du site. Pas pour l’Hôpital maritime : « Au cadastre, ce terrain fait partie de notre domaine tout comme le bâtiment qui s’y trouve », insiste Lorine Roblot. Le directeur de SNCF immobilier doit, la semaine prochaine, rencontrer la maire de Zuydcoote.