Incendies en Californie : Des chèvres pour aider les pompiers à lutter contre les flammes

INSOLITE L’objectif est de débarrasser les lieux de la végétation qui pourrait s’embraser à l’approche d’un éventuel incendie et le propager ainsi aux maisons environnantes

20 Minutes avec agences

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Des chèvres (illustration)
Des chèvres (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

Leur mission, si elles l’acceptent, est simple : brouter. En Californie, les chèvres sont devenues l’un des outils, improbables mais en vogue, de la lutte contre les incendies qui font rage dans cet État chaque année. En cette chaude matinée de juillet, un troupeau d’environ 80 chèvres est déployé sur un terrain des hauteurs de Glendale, près de Los Angeles.

Cela fait une dizaine de jours qu’elles sont là. Objectif : débarrasser les lieux de la végétation qui pourrait s’embraser à l’approche d’un éventuel incendie et le propager ainsi aux maisons environnantes. L’année 2020 a été la pire de l’histoire moderne de la Californie en termes d’incendies, et plus de 1,5 million d’hectares sont partis en fumée. Avec la sécheresse persistante et le changement climatique, les autorités craignent que ces sinistres de grande ampleur soient désormais la norme. Toute aide est donc la bienvenue.

Création de zones tampons

« Nous avons commencé à entendre beaucoup parler des chèvres de la part d’habitants, d’autres pompiers, d’autres villes ; et plus on se penchait dessus, plus on se rendait compte qu’elles pouvaient être très efficaces et respectueuses de l’environnement », explique Jeffrey Ragusa, capitaine des pompiers de Glendale. En plus de participer à limiter la propagation du feu en dévorant la végétation facilement inflammable, les caprins créent des zones tampons entre les régions arborées et les domiciles. Ces sortes de couloirs permettront aux pompiers d’intervenir, le cas échéant, dans « un environnement plus sûr », en gardant les flammes à distance, explique Jeffrey Ragusa.

Bien sûr, les bêtes ne sont qu’une partie du dispositif anti-incendies. Mais leur coup de main est appréciable, affirme le responsable.
Elles allègent en effet la tâche des humains sous contrat avec les pompiers, qui doivent s’échiner par une chaleur souvent écrasante pour débroussailler des terrains parfois difficiles et escarpés pendant de longues heures, et pour qui la charge de travail est lourde avant et pendant l’intense saison des incendies.

Un projet pilote

Les chèvres appartiennent à Sage Environmental Group, une société qui fait notamment de la réhabilitation de milieux naturels. Sa fondatrice, Alissa Cope, a commencé à intégrer les chèvres dans son travail il y a cinq ans et en utilise aujourd’hui environ 400. Mais il faut faire attention, car les chèvres sont aussi réputées pour ne rien laisser sur leur passage. Aussi « les suivons-nous de près », affirme-t-elle.

Sans révéler combien est facturé le labeur des chèvres, la société, qui gère des projets similaires ailleurs en Californie comme à Anaheim ou South Pasadena, dit qu’il est équivalent à ce que paieraient les autorités pour des travailleurs humains. Rick Stern fait partie de l’association des propriétaires du quartier ; c’est lui qui a donné l’impulsion au projet de Glendale en militant pour l’utilisation des bêtes.

À Glendale, le projet est pour l’instant pilote et fera l’objet d’une évaluation, dit Jeffrey Ragusa. Mais « jusqu’ici le programme se passe vraiment bien, nous sommes vraiment contents des résultats ».