Des chercheurs veulent récréer des odeurs du passé

INSOLITE Parmi les effluves que les spécialistes veulent isoler figurent le romarin utilisé pour lutter contre la peste, le tabac, les sels en vogue aux XVIIe et XIXe siècles ou l’encens

20 Minutes avec agence

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Des chercheurs veulent recréer des odeurs connues entre le XVIe et le XXe siècle (illustration).
Des chercheurs veulent recréer des odeurs connues entre le XVIe et le XXe siècle (illustration). — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un projet scientifique baptisé Odeuropa ambitionne de créer une bibliothèque olfactive regroupant des effluves disparus. L’objectif est d’identifier et recréer ces senteurs présentes en Europe entre le XVIe siècle et le début du XXe siècle. Différents scientifiques, experts et ingénieurs britanniques et européens spécialisés en intelligence artificielle vont contribuer à l’avancée du programme.

Ils disposent de trois ans et d’un budget de 2,8 millions d’euros pour faire aboutir le projet qui doit démarrer en janvier prochain, rapporte The Guardian.

Sels, romarins, tabac…

Les participants à Odeuropa vont commencer par développer un algorithme permettant de repérer les mentions d’odeurs dans les œuvres d’art et les ouvrages historiques. Le logiciel pourra prendre en charge sept langues différentes.

Les références repérées pourront aller « des senteurs religieuses, comme le parfum de l’encens, à des choses comme le tabac », explique l’universitaire britannique William Tullett, membre de l’équipe Odeuropa. Les scientifiques souhaitent aussi isoler le fumet dégagé par les sels utilisés aux XVIIIe et XIXe siècles sur les personnes évanouies ou l’odeur du romarin, censé protéger de la peste.

Une encyclopédie des odeurs

Un catalogue encyclopédique de ces effluves sera ensuite dressé. Les historiens s’intéresseront alors aux évolutions de la perception de certains arômes à travers les époques. Des chimistes et des parfumeurs interviendront également pour fabriquer ces fragrances. A terme, leurs créations pourraient être diffusées dans des musées ou des sites historiques.

La démarche offrirait aux visiteurs une expérience sensorielle encore plus complète en matière de découverte d’un lieu et d’une époque précise. Les participants au projet assurent par ailleurs qu’ils comptent bien ne pas s’intéresser qu’aux odeurs agréables mais explorer l’ensemble de l’histoire olfactive européenne.