Sur la comète Tchouri, Philae a heurté un mélange « plus moelleux qu’une mousse de cappuccino »

ESPACE Mélange de glace et de poussière, cette découverte pourrait apporter une réponse quant aux débuts de la vie sur Terre

20 Minutes avec AFP

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Image prise par Rosetta lors de l'atterrissage de Philae le 13 novembre 2014
Image prise par Rosetta lors de l'atterrissage de Philae le 13 novembre 2014 — ESA / AFP

Avant de se poser définitivement sur la comète « Tchouri » il y a six ans, le robot Philae a rebondi à deux reprises sur son sol, découvrant un mélange de glace et de poussière « plus moelleux qu’une mousse de cappuccino », révèle une étude publiée ce mercredi  dans la revue Nature. Selon l’un de ses auteurs, Laurence O’Rourke de l’Agence spatiale européenne (ESA), l’endroit où a eu lieu cet évènement était le « dernier mystère à résoudre » à propos de Philae.

Le robot a été lâché en novembre 2014 par la sonde Rosetta sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko, ou « Tchouri », soit à plus de 500 millions de km de la Terre. On savait qu’après un premier contact avec le petit corps céleste, un défaut du système de harponnage du sol du robot l’avait renvoyé, en un bond de plus de deux heures, sur un autre site. Philae s’était ensuite arrêté définitivement 30 mètres plus loin, à un troisième endroit.

Ce dernier ne sera identifié précisément que presque deux ans plus tard, lorsqu’une caméra fixée sur Rosetta, toujours en orbite, a repéré Philae, caché dans l’ombre d’une crête. Une ombre qui, en le privant du rayonnement solaire indispensable à son activité, l’a rapidement entraîné dans un sommeil éternel.

« Extraordinairement mou »

Découvrir l’endroit exact du deuxième rebond était important, explique Laurence O’Rourke dans un communiqué de l’ESA, parce que les capteurs du robot Philae « indiquaient qu’il avait pénétré la surface, exposant ainsi vraisemblablement la glace primitive cachée sous celle-ci ». Les scientifiques ont établi que Philae a passé environ deux minutes à cet endroit, dans une série de quatre contacts ayant « labouré » la surface, et dont l’un a enfoncé le sol sur environ 25 cm.

Philae a fourni des images saisissantes, jouant sur le contraste de taches d’un blanc éclatant. Et le mélange exposé s’est avéré « extraordinairement mou », précise Laurence O’Rourke, « plus moelleux que la mousse d’un cappuccino, d’un bain moussant ou encore que l’écume des vagues sur une plage ». L’étude a aussi confirmé les observations de précédents travaux sur la grande porosité du rocher de la comète, liée aux espaces vides entre les grains de glace et de poussière qui la constituent.

« Améliorer la conception de mécanismes d’atterrissage »

Ces conclusions, un trésor remontant à la formation de Tchouri il y a 4,5 milliards d’années, enrichissent la connaissance du petit objet céleste qui a l’âge de notre système solaire. Elles permettent de « mieux comprendre la dureté d’une comète pour de futures missions embarquant un atterrisseur », ajoute un scientifique de la mission Rosetta, Matt Taylor, cité par l’ESA. Et d’éviter au successeur de Philae de connaître le même sort que le petit robot perdu

« Le fait que la comète ait un intérieur si moelleux est une information très importante à la fois pour améliorer la conception de mécanismes d’atterrissage et des procédés mécaniques qui seront peut-être nécessaires pour récolter des échantillons », conclut Matt Taylor.