Coronavirus : A Singapour, on peut passer sa quarantaine dans des hôtels de luxe

TOURISME La « loterie des hôtels » à Singapour permet aux arrivants les plus chanceux de pouvoir se placer en quarantaine dans des hôtels de luxe

M.S.

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La «loterie des hôtels» à Singapour permet aux arrivants les plus chanceux de pouvoir se placer en quarantaine dans des hôtels de luxe
La «loterie des hôtels» à Singapour permet aux arrivants les plus chanceux de pouvoir se placer en quarantaine dans des hôtels de luxe — Caro / Schuelke/SIPA

Pour faire face à la pandémie de Covid-19, plusieurs pays ont mis en place des quarantaines concernant les arrivées sur leur territoire. Quand au Royaume-Uni celle-ci est obligatoire sous peine d’amende, certains pays comme l’Islande proposent de se faire tester à l’aéroport pour raccourcir la période d’auto-confinement.

Véritable source d’angoisse pour les voyageurs, la quarantaine obligatoire à Singapour peut au contraire se transformer en séjour de luxe… pour les plus chanceux uniquement. C’est la « loterie des hôtels », où la plupart des arrivants doivent passer 14 jours isolés dans leur chambre.

« On a gagné le jackpot »

Impossible pour les voyageurs de choisir leur hôtel et les chauffeurs de bus qui font la liaison entre l’aéroport et le lieu de destination sont tenus de garder le secret jusqu’à l’arrivée. Certains se retrouvent donc « dans l’obligation » de séjourner dans des endroits de rêves (salle de bains en marbre, immense écran plat, une vue imprenable, repas délicieux…) coûtant jusqu’à 400 dollars par nuit, pour une fraction de ce prix.

« On a gagné le jackpot », s'enthousiasme auprès du Wall Street Journal Joy Van dee, décoratrice d’intérieur venue tout droit d’Amsterdam avec son très jeune enfant. La quarantaine pour la petite famille, c’est un séjour dans un établissement 5 étoiles, le Ritz-Carlton Millenia, dans une confortable chambre de 50 mètres carrés avec vue sur le fleuve.

Loin d’une expérience cinq étoiles complète, les clients ne peuvent pas quitter leur chambre et le ménage, pour des raisons sanitaires évidentes, n’est pas inclus. Pour l’hygiène, les clients reçoivent des serviettes de toilette neuves tous les trois jours, et des draps neufs au bout d’une semaine. Les repas, eux, sont disponibles dans des boîtes en carton déposées devant la porte des clients. Tout en restant d’une qualité digne d’un palace. « J’ai fini tous mes desserts, alors que ce n’est pas mon truc », indique Jessie Ling, consultante venue de Dubaï et logée au luxueux Marina Bay Sands Hotel.

Des dizaines de milliers de chambres réquisitionnées

Pour les perdants de la loterie, la quarantaine obligatoire ressemble plus à un pénible moment à endurer. Chambres exiguës de petits hôtels, chambres équipées de fenêtres impossibles à ouvrir… Tous les arrivants ne sont pas logés à la même enseigne, mais paient en moyenne l’équivalent de 1.200 euros, plus une centaine d’euros pour le test Covid-19 pour la totalité de leurs 14 jours d’isolement, rapporte le Wall Street Journal.

Sur les 67.000 chambres disponibles à Singapour, plus de la moitié sont réquisitionnées pour les mesures de quarantaine dans la cité état de plus 5 millions d’habitants, où les chiffres du Covid-19 s’élèvent à 57.000 cas pour 27 morts.