Cancer : Un dinosaure vieux de 75 millions d’années diagnostiqué d’une tumeur, une première

PALÉONTOLOGIE Le Centrosaurus, qui vivait il y a 76 à 77 millions d’années, était atteint d’ostéosarcome, une tumeur des os qui existe encore aujourd’hui

20 Minutes avec agences
— 
Un squelette de Centrosaurus et un d'Albertosaurus, exposés au Royal Tyrrell Museum (Canada). Illustration.
Un squelette de Centrosaurus et un d'Albertosaurus, exposés au Royal Tyrrell Museum (Canada). Illustration. — NEWMAN MARK/SIPA

Le cancer existait déjà au temps des dinosaures. Des chercheurs canadiens ont découvert le premier cas au monde sur un fossile, selon une étude publiée début août dans la revue scientifique The Lancet Oncology.

Cet os de jambe, qui provient d’un Centrosaurus, avait été découvert par des paléontologues en 1989 dans la province d’Alberta ( Canada). Les experts pensaient initialement que l’os, déformé, avait subi une fracture qui avait guéri. Mais grâce à de récents examens effectués avec des technologies avancées, les chercheurs ont remarqué que la grosseur sur l’os, de la taille d’une pomme, était en fait une tumeur cancéreuse.

Le cancer « n’est pas une invention récente »

Trouver une preuve de cancer sur un os aussi vieux est difficile, car la plupart des tumeurs se développent dans des tissus mous, mal préservés par la fossilisation. « Bizarrement, sous le microscope, cela ressemblait beaucoup à l’ostéosarcome humain », une tumeur maligne des os, explique Mark Crowther, coauteur de l’étude. « C’est fascinant de voir que ce cancer existait il y a des dizaines de millions d’années et qu’il existe toujours. »

La tumeur de cet herbivore à corne, qui vivait il y a 76 à 77 millions d’années, a sans doute engendré des métastases qui faisaient boiter l’animal, selon les auteurs de l’étude. Pour autant, ce n’est sûrement pas ce cancer qui a tué le Centrosaurus : son os a été retrouvé parmi une centaine d’ossements appartenant au même troupeau, sans doute emporté par une catastrophe soudaine.

« La découverte de ce cancer rend les dinosaures plus réels », poursuit Mark Crowther. « Nous les imaginons souvent comme des créatures mythiques, […] mais ils souffraient de maladies comme les humains. […] On se rend compte que le cancer fait partie de la vie, que ce n’est pas une invention récente, et qu’il n’est pas exclusivement lié à notre environnement. »