Coronavirus : Aux Etats-Unis, les gens continuent d'aller au cinéma en drive-in

CINÉMA Auparavant en déclin, les ciné-parcs, plus sûrs que les cinémas en période d'épidémie, connaissent un regain de popularité

Maureen Songne
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Auparavant en déclin, les drive-ins, plus sûrs que les cinémas, connaissent un regain de popularité. Texas, Etats-Unis 01/05/2020
Auparavant en déclin, les drive-ins, plus sûrs que les cinémas, connaissent un regain de popularité. Texas, Etats-Unis 01/05/2020 — Eric Gay/AP/SIPA

Les drive-in sont-ils en passe de regagner en popularité ? Salles de cinéma en plein air où les spectateurs ne sont non pas installés sur des sièges à proximité d’inconnus, mais dans leur voiture, les drive-in ou ciné-parc en français, ont rencontré dernièrement un grand succès aux Etats-Unis.

Avec près de 300 drive-ins en activité dans le pays, ils semblent être l’alternative idéale aux cinémas classiques, fermés à cause des mesures de distanciation sociale dues au Covid-19. Véritables symboles des années 1950, la culture du drive-ina longtemps été ancrée dans les mœurs de l’Amérique.

Hausse de fréquentation

Pour le moment aux Etats-Unis, les drive-ins représentent l’unique occasion de sortir de chez soi pour se divertir, mais en toute sécurité à l’intérieur de sa voiture. John Kopp, propriétaire d’un drive-in en Virginie, fait parti des rares propriétaires de cinéma en plein air à être restés ouverts durant la pandémie. Moins de quinze d’entre eux étaient en activité dans le pays, la saison ne commençant habituellement qu’en avril.

« Si les gens peuvent profiter et s’amuser grâce à nous avant de retourner dans les cinémas classiques, ça me va », déclare le propriétaire au Washington Post. Avec un public composé en majorité de familles, il projette des films d’animations, comme Sonic, le film le mois dernier. Au Texas, un propriétaire de drive-in a vu ses ventes de billets augmenter de 40 % le week-end du 14 mars, avant de les multiplier par deux une semaine plus tard, en proposant deux fictions, En avant, le nouveau film d’animation de Pixar, et Invisible Man.

Selon John Vincent, président de l’Association des Propriétaires de Cinémas Drive-in aux États-Unis, près de 150 drive-ins devraient ouvrir dans les trois prochaines semaines. Des politiques se voient même soutenir l’ouverture de ces cinémas en plein air, comme à New York, épicentre de la pandémie du coronavirus aux Etats-Unis mais aussi l’un des territoires avec le plus de drive-ins dans le pays.

Succès éphémère

Andrew Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York, qui a indiqué avoir l’intention de rouvrir les commerces non essentiels vers la fin du mois de mai, veut accélérer la démarche pour les drive-ins. « Où est le problème de sécurité publique ? Il s’agit d’un cinéma en plein air. C’est être dans une voiture avec les mêmes personnes [NDLR: qu'au foyer] » a-t-il déclaré récemment lors d’une conférence.

Mais si les drive-ins connaissent un soudain regain de popularité ils demeurent fragiles, entre les très faibles marges qu’ils parviennent à dégager et les frais d’entretien élevés. A leur âge d’or, ils étaient 5.000. Leur chiffre tombe à 900 dans les années 90 puis à 300 aujourd’hui, tandis que le nombre de cinémas multiplexes a explosé.

Les drive-ins n’auront-ils qu’une popularité éphémère ? « Il s’agit d’une excellente forme de distribution alternative, une autre façon pour nous de consommer du divertissement au lieu de rester à la maison et de regarder Netflix tout le temps », explique Thomas Doherty, professeur à l’Université Brandeis spécialisé sur la distribution et la projection de films. « Mais je pense que c’est une phase intermédiaire avant que l’on puisse revenir à ce que l’on faisait avant. »