Haute-Garonne : Quand un restaurant propose à ses clients d’adopter des poules sauvées de l’abattage

POULE HOUSE Un resto de Colomiers, près de Toulouse, propose à ses clients d'adopter gratuitement des poules pondeuses sauvées de l'abattage

Hélène Ménal
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Une poule qui picore. Illustration.
Une poule qui picore. Illustration. — Capri23auto - PixaBay
  • Une restauratrice de Colomiers a récupéré une quarantaine de poules pondeuse gersoises promises à l’abattage.
  • Ses clients peuvent les adopter gratuitement, histoire d’avoir toujours des œufs frais.
  • Mais ils peuvent aussi les ramener, s'ils se sont trop emballés.

« Le mieux pour avoir des œufs frais, c’est encore d’adopter une poule ». Voilà en gros ce qu’explique à ses clients Nancy Walker-Aubry, la patronne de la Friendly Auberge, un restaurant de Colomiers, près de Toulouse, prisé des locavores.

Et ce n’est pas qu’un conseil maison puisque, pour deux repas, on peut repartir en prenant un volatile offert sur son aile. Une poule pondeuse en provenance d’un élevage en batterie du Gers, où passé l’âge d’un an, les pensionnaires prennent pour des raisons de rentabilité la direction de l’abattoir.

Les poules mises à l'adoption.

Nancy a fait la connaissance de ses invitées via le groupe Facebook Heidi's Chicken run, qui s’est donné pour mission de sauver les poules gersoises réformées. Il y a une semaine, elle a pris la route pour ramener à Toulouse une quarantaine de poules. « Dans un élevage où il y avait de l’espace, la climatisation et où elles vivaient plutôt dans de bonnes conditions », précise-t-elle. Mais à l’intérieur quand même.

Alors que derrière la Friendly Auberge, il y a une grande pelouse. « Depuis une semaine, elles se régalent à gratter la terre et elles s’organisent », raconte Nancy, qui a trouvé un moyen écolo d’écouler les épluchures du restaurant et propose des œufs à la coque très, très frais.

Une quinzaine de poules de cette petite communauté a déjà trouvé une famille d’accueil, et il en reste 25 à placer. « Il y a des clients qui sont venus manger exprès pour partir avec une poule, assure la restauratrice. Pour ceux qui ne mangent pas, je demande une participation de cinq euros ». Surtout, Nancy est prête à reprendre les poules au cas où les clients se seraient emballés. « Ce sont des animaux, pas des objets », insiste bien la mère poule de Colomiers.