New York : Une école pour les ultra riches fait faillite, obligeant les parents... à inscrire leurs enfants dans le public

ETATS-UNIS Après la chute de l'entreprise WeWork, son école aux valeurs hippies à 48.000 euros l'année fermera ses portes à la fin de l’année

M.S.

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Image d'illustration d'une salle de classe en école primaire.
Image d'illustration d'une salle de classe en école primaire. — Martin BUREAU / AFP

WeGrow. Ou pas. WeGrow, c'est le nom d'une école pour les enfants d’ultra-riches où dès ses 3 ans, on apprend à acquérir l’esprit start-up sous couvert de programmes aux allures un peu hippies. Après la faillite de la maison-mère WeWork , une entreprise immobilière spécialisée dans le co-working et dirigée par Adam Neumann, cette école risque même de fermer avant la fin de l’année scolaire. Laissant sur le carreau des parents catastrophés qui n’auront d’autres choix que d’inscrire leurs enfants… dans le public. 

Pour la plupart employés de WeWork, les parents ont tout de même déboursé jusqu’à 48.000 dollars pour l’année scolaire, soit le coût d’une année universitaire dans unes des plus prestigieuses universités américaines.

« Si les parents n’ont pas de contacts où d’accès dans une autre école privée, ils n’auront d’autres choix que d’inscrire les écoliers dans une école publique », indique ainsi au Daily Beast un consultant qui donne des conseils aux élites sur les inscriptions dans les meilleures écoles. De véritables institutions, dont certaines existent depuis cent ans, et vers lesquelles accourent à présent les parents que WeGrow a lâchés.

Selon Amanda Uhury, interrogée par le Daily Beast, une vingtaine de parents l’ont contactée pour obtenir des conseils sur les démarches à suivre pour trouver une école. Car dans l’univers hypercompétitif des écoles privées new yorkaises, il sera difficile de changer d’établissement en plein cursus sans piston.

Start-up nation

WeGrow cumulait les matières « alternatives » pour des parents friands de développement personnel pour leurs enfants, dont l’esprit de compétition est un pilier. Mais attention, c’est « d’entreprenariat conscient » dont on parle, « user de ses superpouvoirs et de ses passions dans son travail pour aider les autres et la planète ». Par exemple, dans une partie du programme, les enfants doivent s’occuper d’une ferme bio dans laquelle ils font pousser des légumes, découvrent des plantes et des cultures anciennes. Pour ensuite vendre le fruit de leurs efforts sur un stand dans les locaux de l'école. « Entreprenariat conscient », on vous dit.

Pour être plus clair, voici les mots qu’utilise la PDG de WeGrow, Rebekah Newman, lors d’une interview avec la reine du bien-être Gwyneth Paltrow, qui est aussi sa cousine : « Quand on parle d’entrepreneuriat dans l’éducation, cela n’a rien à voir avec le fait de faire de l’argent. Il s’agit de promouvoir le fait que la créativité, la curiosité et l’esprit d’entrepreneur sont innés chez nous tous. Et cela à travers une approche pratique et des vrais projets de vie qui permettent aux enfants de découvrir leurs talents et apprendre comment les utiliser dans le monde d’aujourd’hui. »

Une vision qui n’aura tenu qu’un an, la faute aux pertes financières astronomiques de WeWork à la suite du fiasco de son entrée en bourse. Alors que les parents de WeGrow sont en pleine tourmente, Adam Neumann, cofondateur et PDG de WeWork, pourrait tout de même quitter la société avec jusqu’à 1,7 milliard de dollars de l'entreprise japonaise SoftBank, qui rachète ses parts.