Au Texas, la chasse aux cochons depuis des hélicos

CHASSE Parce qu’ils détruisent l’écosystème et causent des miliards de dollars de dommages matériels, toutes les méthodes sont bonnes au Texas pour lutter contre les cochons sauvages

M.S.

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Deux cochons sauvages piégés, dans une ferme du compté de Washington, le 27 janvier 2019
Deux cochons sauvages piégés, dans une ferme du compté de Washington, le 27 janvier 2019 — David Carson/AP/SIPA

« C’est un gros problème pour nous, nous essaierons par tous les moyens de nous en débarrasser ». Et quoi de plus américain que de régler le problème des cochons sauvages, armés de fusil d’assaut depuis un hélicoptère ?

Pour tenter de réguler l’explosion démographique de cette espèce invasive, c’est cette méthode quelque peu radidale qu’utilisent des Texans pour tuer les cochons sauvages.

« La chasse depuis un hélicoptère et la manière la plus rapide de tuer un tas de cochons » explique à Vice Dustin Johnson, copropriétaire de la Cedar Ridge Aviation, une entreprise spécialisée dans ce type d’activité.

La chasse par hélicoptère a été rendue possible grâce à une loi de 2011 passée par la Chambre des Représentants du Texas. Quand la loi n’autorisait auparavant que les propriétaires de fermes surpeuplées de cochons sauvages à chasser de cette manière, elle permet depuis 2011 à n’importe qui de s’y adonner même des touristes, sous réserve qu’ils soient détenteurs d’un permis d’armes à feu.

« Avant quand on louait des hélicos, ça nous revenait très cher. Que des chasseurs prennent en charge ce coût, pour nous aider à nous débarrasser de ces animaux, c’est très bénéfique pour nous » explique Russell Walker, fermier texan.

Cette technique de chasse est en effet coûteuse : au Cedar Ridge Aviation, cela revient à 2,400 dollars (soit 2,100 euros) par personne pour deux heures de vol, incluant les armes, les munitions, l’hébergement et les repas.

« Après avoir tué les cochons, on les laisse au sol pour que les coyotes puissent se nourrir. Puis derrière, on revient tuer les coyotes » détaille Dustin Johnson. Deux chasses pour le prix d'une, en somme.

Selon le Département de la faune et flore du Texas, 43.000 cochons sauvages ont été tués par cette activité. Soit moins de 2 % pour un état qui en compte plus de 2 millions…

« Ils sont agressifs, dégoûtants, et détruisent tout ce qui est sur le passage »

Cette surpopulation de cochons sauvages est pourtant causée par l’Homme. Introduite sur le sol américain par les colons européens pour être consommés, la population de cochon sauvage n’a explosé que récemment comme le résume un article du Smithonian Mag.

Les chasseurs appréciant cette proie car réputée difficile l’ont élevée dans des ranchs avant de les relâcher de part et d’autre dans le Texas pour être chassés. Les cochons se sont aussi largement nourris d’appâts destinés à la chasse des cerfs, ce qui les a rendus plus féconds. Ils ont également bénéficié d'un meilleur système immunitaire grâce à l’amélioration des conditions d’élevage des porcs domestiques, avec qui il leur arrive de se reproduire.

Avec entre 6 à 9 millions de porcs sauvages aux Etats-Unis (dont une grande partie est concentrée au Texas) et sans prédateurs pour leur faire face, ils sont devenus l’espèce la plus invasive du pays. Comparables aux lapins, ils peuvent se reproduire dès leurs 6-8 mois et les femelles peuvent avoir jusqu’à 4 portées de 8 porcelets chaque année.

« Ils sont agressifs, dégoûtants, et détruisent tout ce qui est sur le passage » témoigne Olivia Johnson, copropriétaire de la Cedar Ridge Aviation.

Véritables omnivores opportunistes, ils mangent tout ce qu’ils trouvent et causent des dommages matériels et environnementaux importants : ils dévorent des champs de maïs, dévastent les jardins de particuliers, attaquent et dégustent des espèces en danger, des veaux et des agneaux… A l’échelle nationale, ces dommages se chiffrent à 1,5 milliard de dollards (soit 1,3 milliard d’euros), selon le Guardian.

En juin dernier, 75 millions de dollars ont été injectés par le Département américain de l’agriculture pour lutter contre la surpopulation cette espèce invasive.