VIDEO. Nantes : On a testé le musée des plats les plus dégoûtants au monde

BON APPETIT Le musée suédois Disgusting Food Museum fait escale à Nantes jusqu'au 3 novembre

Julie Urbach

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Un oeil de mouton exposé au Disgusting food museum à Nantes
Un oeil de mouton exposé au Disgusting food museum à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les 80 plats jugés parmi les plus répugnants au monde sont exposés à la HAB Galerie de Nantes.
  • « L'expo vise à interroger le sentiment dégoût», une notion «culturelle» selon les créateurs de cet étonnant musée itinérant basé en Suède.

Vous oscillez entre écoeurement et fascination lors des épreuves « culinaires » de Pékin Express ou Fort Boyard ? C’est à peu près avec cet état d’esprit que nous nous sommes rendus au Disgusting Food Museum, qui fait escale à Nantes depuis mercredi. Jusqu’au 3 novembre et pour la première fois en France, ce musée itinérant propose aux visiteurs la découverte de 80 des plats les plus répugnants au monde.

« L’expo vise à interroger la notion de dégoût, prévient en anglais Samuel West, psychologue et fondateur du musée suédois (situé à Malmö), qui a déjà totalisé quelque 40.000 visiteurs depuis l’ouverture il y a un an. On s’aperçoit que la frontière entre le délicieux et le dégoûtant est très fine. Et surtout qu’elle est culturelle. »

Testicules de taureau, yeux de mouton…

Dans une vaste salle de la HAB Galerie, sur de longues tables blanches et sous un éclairage blafard, se succèdent des dizaines de cloches rangées par continent. Testicules de taureau, sushi au sperme de poisson, yeux de mouton… On peut sentir parfois, imaginer tout le temps… C’est parti pour les haut-le-cœur. Et alors que l’on aperçoit un mignon cochon d'inde (bien qu’empaillé), on se souvient qu’ici on parle de bouffe, et pas d’animaux de compagnie. « C’est un plat très populaire au Pérou, explique Andreas Ahrens, à la tête de ce musée des horreurs. Il faut manger les pattes arrière : ça a le goût du poulet mais la viande est beaucoup plus grasse ! »

Parmi les plats les plus trash, on peut citer cet alcool de riz dans lequel on fait macérer des dizaines de bébés souris mortes (il paraît qu’en Chine cette mixture au goût de gasoil est un remède contre les problèmes de foie). Au niveau de l’odeur, mention spéciale au tofu puant de Taïwan, ou encore au Hakarl, requin islandais recouvert d’urine fermenté pendant plusieurs mois. « L’odeur est clairement horrible, assure un visiteur. Mais finalement le goût n’est pas si mauvais ». On confirme, on a testé et ça passe… Malgré la texture un peu épaisse qui rend le tout petit morceau difficile à avaler.

Le sens moral aussi

Car tous les sens sont sollicités lors de la visite du Disgusting Food Museum. Pour trois euros, après vous avoir fourni un sac à vomi (74 personnes au total l’auraient déjà utilisé), un stand vous incite à tester vos limites en goûtant carrément certains mets exposés. On a découvert la réglisse salée (très populaire en Finlande), mais aucun intérêt : c’est super fort et les goûts ne se mélangent pas en bouche. Devant la liqueur de glande anale de castor proposée dans de petites pipettes, on a renoncé. Au vu de la tête des autres visiteurs plus téméraires, on se dit qu’on a bien fait.

Au final, c’est le sens moral qui est le plus mis à l’épreuve lors de cette expérience originale. Alors que la gastronomie française y a toute sa place (escargot, fromage qui pue…), un film montrant le gavage d'oie dérange. Un peu plus loin, une table spécialement étudiée pour y placer un singe et déguster sa cervelle (une pratique asiatique désormais illégale) choque carrément. « Il y a des choses à raconter dans toutes les cultures, résume Andreas Ahrens. Le steak tartare, que l’on a sélectionné dans l’exposition, ne pose pas de problème en France alors qu’en Asie, manger de la viande crue est vu comme carrément dégoûtant. »