Creuse : Un trésor de 14.000 pièces médiévales découvert par hasard pendant un chantier

BONNE PIOCHE Après la découverte des pièces dans la Creuse, un numismate et archéologue a travaillé cinq ans pour déterminer leur provenance et leur valeur…

20 Minutes avec AFP

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C'est lors de travaux réalisés à l'aide d'une pelleteuse chez un particulier que les pièces ont été découvertes.
C'est lors de travaux réalisés à l'aide d'une pelleteuse chez un particulier que les pièces ont été découvertes. — ALLILI/SIPA

Les spécialistes parlent d’un « trésor exceptionnel » de 14.000 pièces de monnaie médiévales, des deniers ou des demi-deniers (oboles et mailles), certaines frappées sous Richard Cœur de Lion. Il était en partie exposé ce samedi à la mairie de Guéret, cinq ans après sa découverte lors de travaux dans une ferme.

« C’est un trésor exceptionnel par sa quantité et non par sa valeur », a expliqué Dominique Dussot, numismate et archéologue de la DRAC de Limoges (Direction régionale des Affaires culturelles) qui a étudié ces pièces en billon, un alliage de cuivre et d’argent.

Des pièces de Richard Cœur de Lion

Les plus anciennes datent de 1106, « j’ai trouvé des monnaies qui datent de 1223, donc je peux supposer qu’au mieux ce trésor a été enfoui vers 1223 », ajoute l’archéologue qui a dénombré 28 provenances dans un quadrilatère entre Nantes, Provins, Bordeaux et Le Puy-en-Velay « et au milieu de tout ça, des monnaies de Limoges, Poitiers, Turenne, Vendôme », etc.

Celles du comté de la Marche, en gros la Creuse d’aujourd’hui, sont les plus nombreuses et forment la moitié du lot. On trouve aussi quelques pièces de Richard Cœur de Lion (XIIe), précise-t-il.

Les pièces ont été découvertes par hasard en 2014 sur la commune de Vareilles, au nord-ouest de Guéret, quand Roger Mutel, conducteur d’engins à la retraite, est venu faire des travaux sur le terrain d’une amie.

Alors qu’il creusait des tranchées avec sa pelleteuse, « en mettant de la terre sur le bas-côté, j’ai vu des rondelles, puis je suis tombé sur un bloc de terre de 15 cm à 20 cm de diamètre qui pesait dans les 15 kg avec ces mêmes rondelles », se souvient-il.

En les grattant avec un couteau, il a découvert une forme de croix sur chaque face et a compris qu’il s’agissait de pièces. La mairie contactée l’a dirigé vers la DRAC.

Bientôt vendues à des collectionneurs? 

Selon l’archéologue, s’il y a autant de pièces dans le trésor, c’est qu’il a dû appartenir à un marchand itinérant qui avait beaucoup de biens à vendre. Il y avait de nombreuses foires à cette époque. A moins qu’il ne s’agisse d’un collecteur d’impôt parti avec l’argent collecté.

Roger Mutel et la propriétaire du terrain ont récupéré leurs pièces et sont désormais copropriétaires du trésor, qu’ils voudraient vendre à des collectionneurs. Le prix est difficile à évaluer, certaines pièces sont estimées à une centaine d’euros, d’autres, très abîmées, ont beaucoup moins de valeur.