Canada : Des images inédites de l’épave d’un navire englouti il y a 170 ans dans l’Arctique

HISTORIQUE Il s’agit des premières images de l’intérieur du navire, retrouvé en 2016 au fond des mers

20 Minutes avec agences

— 

Une gravure représentant le HMS Terror, parti explorer le passage du Nord-Ouest en 1845.
Une gravure représentant le HMS Terror, parti explorer le passage du Nord-Ouest en 1845. — MARY EVANS/SIPA

Plus de 170 ans après la disparition du HMS Terror dans l’Arctique au large du Canada, des images inédites de l’épave ont été diffusées ce mercredi. Le navire britannique a encore un intérieur bien conservé, qui pourrait éclairer d’un jour nouveau cette expédition mythique.

Le HMS Terror est l’un des deux bateaux de l’expédition de John Franklin. L’explorateur anglais est parti de Grande-Bretagne en 1845 à la recherche du passage du Nord-Ouest, qui relie les océans Atlantique et Pacifique par l’Arctique. Surpris par le froid, les 129 marins sont restés coincés un an et demi dans les glaces avant de mourir de faim, de froid et de saturnisme.

Des éléments presque intacts

Les circonstances de cette tragédie sont restées floues depuis. Le premier navire, HMS Erebus, a été retrouvé en 2014 et le HMS Terror en 2016 dans la même zone. Les images, prises par les plongeurs et le robot submersible de l’Agence Parcs Canada révèlent des artefacts intacts de la vie sur le navire.

« Nous avions l’impression […] qu’il s’agissait d’un navire récemment abandonné par son équipage, semblant avoir échappé au passage du temps », a expliqué le directeur du projet archéologique Ryan Harris dans un communiqué. Au cours de 48 plongées, dont 7 avec le robot, « dans une eau qui avoisinait le 0 °C ou moins », l’équipe a obtenu des images de plus de 90 % du pont inférieur du bateau.

Les appartements du capitaine, encore un mystère

Le bateau a été retrouvé posé droit sur sa quille au fond de la mer, l’hélice toujours en place, l’ancre levée, et les fenêtres de toit non couvertes. Autant d’éléments qui suggèrent un abandon rapide du navire, selon Ryan Harris. Les sédiments qui ont recouvert la chambre du capitaine ont permis la préservation de son bureau, dans lequel les chercheurs espèrent trouver instruments scientifiques et cartes.

Seuls les quartiers personnels du capitaine restent inaccessibles, en raison d’une porte close. Les chercheurs espèrent y trouver des documents écrits et scellés que l’eau froide et les sédiments pourraient avoir conservés. « Les écrits pourraient éclaircir ce qui s’est passé, la chronologie des événements, quand les bateaux se sont séparés et comment ils sont arrivés là où ils ont été abandonnés », a expliqué Ryan Harris.

Tout ça grâce aux Inuits

Un bateau commandité par la veuve de John Franklin, Lady Jane, avait retrouvé en 1859 sur l’île King William un message qui a levé le voile sur une partie du mystère. Le document expliquait que l’explorateur et ses 23 membres d’équipage étaient morts le 11 juin 1847 dans des circonstances inconnues. En 1848, 105 survivants auraient abandonné les navires à pied pour rejoindre la terre ferme par la glace. Aucun n’a survécu.

Les recherches archéologiques ont été menées en partenariat avec des organisations inuits. Leurs témoignages oraux, transmis de génération en génération, ont permis de localiser les épaves. Les communautés inuits seront les premières à voir les artefacts du Terror, dont elles sont légalement les copropriétaires.