Etats-Unis: Un patron démissionne à cause de sa liaison avec une espionne russe

«ETAT DE L'OMBRE» Une affaire très étrange sur fond de théories du complot

20 Minutes avec agences

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Maria Butina, l'espionne russe avec qui le patron américain a eu une liaison en 2018.
Maria Butina, l'espionne russe avec qui le patron américain a eu une liaison en 2018. — AP/SIPA

Patrick Byrne, un grand PDG américain, a vu sa vie professionnelle s’écrouler à cause d’une simple liaison. Le patron du site d’e-commerce Overstock.com a dû démissionner après avoir fréquenté une espionne russe, qui l’avait séduit pour infiltrer le monde politique américain.

Maria Butina, sa maîtresse, a été arrêtée en juillet 2018. Inculpée pour « complot » en vue de « promouvoir les intérêts de la Russie », elle a été condamnée fin avril à 18 mois de prison pour avoir infiltré l’appareil politique à travers ses liens avec le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA).

Un communiqué très, très étrange

Mais personne ne savait rien de sa relation avec Patrick Byrne… jusqu’à deux articles de Fox News et un très étrange communiqué publié par Overstock le 12 août. Dans ce dernier, le PDG affirme avoir collaboré activement avec les autorités dès qu’il a eu des doutes sur les intentions de Maria Butina.

Dans le document, les forces de l’ordre sont surnommées « Men in Black » comme le fameux film. Le patron emploie aussi l’expression d'« Etat de l’ombre » ( Deep State), dénotant son goût pour une théorie du complot selon laquelle une coalition clandestine de bureaucrates contrôlerait le pays. Il affirme aussi que ses échanges avec les autorités avaient moins à voir « avec la justice qu’avec de l’espionnage politique contre Hillary Clinton et Donald Trump ».

« En juillet 2018, j’ai compris »

Dans un entretien au New York Times, Patrick Byrne a confié qu’il avait rencontré la jeune femme lors d’une convention libertarienne à Las Vegas. L’insistance de l’espionne pour rencontrer des membres de la campagne présidentielle de Clinton et Trump avait donné des doutes à l’homme d’affaires.

« En juillet 2018, j’ai compris », confie le PDG dans le communiqué du 12 août. Il dit avoir informé immédiatement un militaire de haut rang et un élu, puis le ministère de la Justice en avril. L’action d’Overstock.com a pris 8,31 % jeudi après l’annonce de la démission.