Le célèbre cacatoès à huppe jaune Snowball connaît pas moins de 14 mouvements de danse

ANIMAUX Selon un article scientifique paru lundi 8 juillet, cette star de YouTube danse « spontanément et sans entraînement ». Et c'est une première

Marie-Laetitia Sibille

— 

Le cacatoès (ici, à huppe jaune) est une espèce plutôt exubérante.
Le cacatoès (ici, à huppe jaune) est une espèce plutôt exubérante. — Holger Hollemann / dpa / AFP
  • Le célèbre cacatoès à huppe jaune Snowball, star de Youtube depuis une décennie pour s’être trémoussé sur les Backstreet Boys, a récidivé lundi dans un article scientifique qui décrit en détail pas moins de 14 de ses mouvements de danse.
  • Ce comportement est avant tout une interaction avec les humains et l’environnement, souligne un éthologue.

« Quand on pense à un animal qui donne l’impression de danser, en effet on pense d’emblée au cacatoès. Son comportement exubérant est assez particulier », souligne Thomas Grangeat, éthologue. Lundi, une étude américaine très sérieuse est parue sur cet oiseau dans la revue Current Biology.

Aniruddh Patel, coauteur de l’étude, chercheur en psychologie, a expliqué à l’AFP que c’est « la première fois qu’une autre espèce danse vraiment sur de la musique humaine, spontanément et sans entraînement, simplement sur la base de son propre développement et de ses interactions sociales avec les humains. »

Un monogame qui donne tout

Et c’est comme ça que le dénommé Snowball, cacatoès à huppe jaune, est devenu le roi de la piste. Une première étude sur cette star de YouTube (connue depuis une décennie pour s’être trémoussée sur les Backstreet Boys), également réalisée par Aniruddh Patel et publiée dans la même revue, avait indiqué à l’époque que « les mouvements de l’oiseau se limitaient à des mouvements de tête et à un lever de patte, deux gestes généralement associés aux rituels de cour ». « Le cacatoès étant monogame, sa parade nuptiale est très impressionnante. Il doit tout donner ! » détaille Thomas Grangeat. Pour stimuler ses congénères, l’animal bouge la tête et adopte des mimiques avec sa huppe.

Mais depuis, Snowball s’est perfectionné. Sa propriétaire, Irena Schulz, qui s’occupe de lui dans un sanctuaire pour oiseaux à Duncan, en Caroline du Sud, a remarqué que l’animal se montrait de plus en plus créatif. Pour étudier l’affaire de manière scientifique, Aniruddh Patel et ses collègues lui ont joué des tubes dans années 1980 (Another One Bites the Dust et Girls Just Want to Have Fun) trois fois chacun, pendant 23 minutes… et filmé le résultat.

Digne d’un concert de metal

Une observation plan par plan a permis de dénombrer 14 mouvements distincts, dont un impressionnant « headbanging » digne de concerts de metal, et deux mouvements combinés, comme une vidéo diffusée par les chercheurs le montre. « Il s’agit de mouvements complexes, dont la plupart ne font pas partie du comportement naturel des perroquets », dit Aniruddh Patel.

« Ces oiseaux sont très sociaux, ils interagissent avec nous comme ils stimuleraient leurs congénères. Cette danse n’est qu’une impression de danse, elle est en fait le résultat d’une interaction avec l’environnement extérieur », confirme Thomas Grangeat. Et du côté de l’oiseau de paradis, l’interaction et la parade nuptiale – « splendide » d’après l’éthologue –, peuvent aller jusqu’à nettoyer des zones entières de forêt en balayant toutes les feuilles. Qu’on se le dise.