Comment briller dans un tournoi de ricochets (si, si, ça existe)

TUTO Une association du Lot organise plusieurs tournois amicaux de ricochets cet été dans la vallée du Célé. « 20 Minutes » a demandé des astuces à un champion français

Nicolas Stival
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L'art du ricochet, bien plus compliqué qu'il n'y paraît. Illustration.
L'art du ricochet, bien plus compliqué qu'il n'y paraît. Illustration. — Insadco / Imago / Sipa
  • Pour fêter ses 30 ans, l’association lotoise « Sauvegarde du Célé » organise plusieurs tournois amicaux de ricochets cet été. Le premier a lieu dimanche.
  • A l’origine de la Fédération française de ricochets, Paul Flurin explique comment devenir un bon lanceur de galets.

Depuis 1989, l’association Sauvegarde du Célé milite pour la défense de cette rivière du Lot et pour la qualité de son eau. Pour fêter son anniversaire, cette structure aux 500 adhérents a décidé d’« organiser quelque chose d’original et de symbolique », comme l’indique son secrétaire Michel Bourgade. Entre autres événements, plusieurs tournois de ricochets seront organisés jusqu’au 15 août. Le premier aura lieu dimanche dans le village de Brengues.

L’événement se veut plus festif que sportif. Mais pour que les participants ne se sentent pas désemparés un caillou en main, nous avons demandé les conseils d’un spécialiste : Paul Flurin a terminé 28e et premier Français de l’édition 2018 du championnat du monde organisé sur l’île écossaise d’Easdale.

Agé de 27 ans, cet ingénieur en mécanique à Clermont-Ferrand, originaire de Bordeaux, a mis en place avec une quinzaine de personnes la Fédération française de ricochets, par ailleurs en quête d’un « spot » pour organiser un championnat national. Pourquoi pas dans le Lot, au fait ?

Quel caillou ?

Au bord du Célé, les concurrents n’auront pas le choix : les organisateurs ont commandé 2.000 galets en argile auprès d’une potière lotoise, d’un poids de 50 grammes (enfants) ou 80 grammes (adultes). Pour un euro symbolique, chaque participant(e) aura le droit de lancer trois galets. Interdiction donc d’apporter son propre caillou. Ce choix local et écolo colle bien avec l’image que l’autre FFR se fait de la discipline, selon Paul Flurin. « C’est un sport proche de la nature, pas très impactant ».

Comment le tenir ?

« Le caillou doit être posé sur le majeur, et tenu par le pouce et l’index », précise le jeune ingénieur, qui a fait ses premiers ricochets dans les Hautes-Pyrénées, au-dessus de Cauterets. C’est ainsi qu'agissent les cadors de la discipline, comme le multiple champion du monde écossais Dougie Isaacs ou l’Américain Kurt « Mountain Man » Steiner, respectivement détenteurs des records planétaires de distance (121,8 mètres) et de ricochets (88).

Le lanceur, mi-buteur de rugby, mi-golfeur

« Le geste requiert pas mal d’entraînement, un peu comme le tir au but au rugby. Il est assez complexe et il faut le travailler afin que ça devienne naturel. Il faut surtout éviter de forcer, sinon ça dérape. » Paul Flurin fait aussi le rapprochement avec le swing du golfeur. « Le corps se met en mouvement depuis le bassin, puis l’épaule, le poignet jusqu’à l’index, pour que les vitesses s’additionnent. Le caillou doit tourner le plus vite possible ».

Conseils et contre-indications

On sent l’ingénieur derrière le lanceur : « Quand le galet tourne très vite sur lui-même, il y a un effet gyroscopique, comme sur la roue d’un vélo. Cela stabilise la position, il peut ainsi taper sur l’eau et rester droit. » Le Girondin d’origine tient à corriger une idée reçue : « On dit souvent que plus on lance en se positionnant au ras de l’eau, plus ça marche. C’est faux. On peut lancer d’assez haut, il n’y a pas trop d’influence. »

Car tout ceci est scientifique. « La mécanique du ricochet a été étudiée, et l’angle d’attaque doit être de 20 degrés, avec un premier rebond qui arrive assez vite. » N’oubliez pas vos rapporteurs, dimanche sur les bords du Célé.