VIDEO. Toulouse: Vous rêviez d'une table hublot? Airbus se lance dans les meubles design

RECYCLAGE Deux salariés d’Airbus ont eu l’idée de recycler les pièces d’avion en meubles design plutôt classe. Pour s’assoupir dans un nez d’avion ou s’éclairer avec une bielle

Hélène Menal

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Le showroom avec les premiers prototypes de la gamme.
Le showroom avec les premiers prototypes de la gamme. — H. Menal - 20 Minutes
  • Une start-up interne a Airbus lance une gamme de mobilier design en pièces d’avion recyclées.
  • Une idée de deux salariés férus d’art contemporain.
  • La vente en ligne des créations « A Piece of Sky » démarrera mi-avril.

« Venez donc prendre place dans mon fauteuil Cloud, un authentique nez d’A350 rembourré, je pose les verres sur la table hublot ». C’est incontestablement le genre d’accueil qui pourrait vraiment en jeter pour votre prochain brunch. Et c’est surtout désormais une scène tout à fait réaliste.

Le Bizlab d'Airbus, son accélérateur de start-up internes et externes, a présenté ce mercredi à Toulouse, une nouvelle gamme de mobilier design entièrement à base de pièces d’avion recyclées.

Cette idée de se lancer dans « l’upcycling » (ou le surcyclage en français) vient de deux « intrapreneurs », comprenez deux salariés d’Airbus. En temps normal Anaïs Mazaleyrat travaille sur la « transformation digitale », Jérémy Brousseau au service qualité de l’A350. Mais ces deux amateurs d’art contemporain passent maintenant leurs heures sup ou aménagées à discuter avec des designers, des artisans et des « démanteleurs ». « Nous étions frappés par ces fameux cimetières d’avions qu’on voit dans les déserts américains », raconte Anaïs Mazaleyrat.

Quelque « 12.000 avions » doivent partir à la casse dans les prochaines années pour être « découpés et revendus à la tonne au prix de la matière première ». Les deux salariés préfèrent exploiter ce vaste gisement en donnant la possibilité à chacun « de prendre un petit bout de ciel et de le ramener chez lui ».

Jusqu’à 8.000 euros le fauteuil

L’appel lancé auprès des designers, qui bien souvent manquent davantage d’approvisionnement en matériau que d’idées, a eu un effet immédiat. En moins de deux ans la gamme, très classe, « A Piece of Sky » s’est enrichie de 22 prototypes, de la coiffeuse Smart mirror, avec tablette tactile encadrée d’un contour de hublot, au fauteuil en fibre de verre dont l’assise est en fait un nez d’A350 récupéré sur un banc d’essai.

Dès la mi-avril une plate-forme de réservation ouvrira en ligne. « En fonction des volumes en précommande, nous lancerons la fabrication et les premiers clients seront livrés en janvier 2020 », détaille Jérémy Brousseau. Sachant que s’offrir un bout de ciel n’est pas à la portée de tous : les pièces simples, genre petites tables basses, coûteront « entre 700 et 800 euros », les fauteuils en ailes d’Airbus, plutôt « entre 7.000 et 8.000 euros ».