Japon: Un bar éphémère dans un incinérateur offre une vue imprenable sur une montagne d'ordures

ORIGINAL L'idée est de sensibiliser la population à la quantité de déchets produits au quotidien...

20 Minutes avec agences

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Illustration de recyclage des déchets ici dans une usine de valorisation.
Illustration de recyclage des déchets ici dans une usine de valorisation. — C. Allain / 20 Minutes

Voilà un cadre inhabituel pour prendre un verre. Un bar éphémère a ouvert dans une usine de traitement des déchets à Tokyo (Japon). Le Gomi Pit (du japonais gomi, « ordures ») est une idée des autorités pour faire prendre conscience aux habitants de la quantité de détritus qu’ils produisent.

Le contraste est saisissant : la salle de restaurant impeccable est séparée par une simple vitre d’un puits au fond duquel des tonnes d’immondices attendent d’être brûlées. Les clients ont ainsi une vue plongeante sur le tas d’ordures, dans lequel s’enfonce régulièrement une griffe mécanique.

Informer et sensibiliser

Quelque 27.000 tonnes de déchets ont été traitées dans cette usine en 2018, avec une capacité maximale de 120 tonnes par jour. Le quartier Musashino, où se situe l’usine, exige déjà de ses habitants un tri soigneux des ordures. Chaque sac d’ordures collecté est payant, pour inciter les gens à réduire leurs déchets. Mais les autorités espèrent que ce bar aura un impact encore plus fort.

« De nombreux visiteurs ont exprimé leur étonnement, disant n’avoir eu auparavant aucune idée de la façon dont les ordures qu’ils produisent sont traitées, explique une responsable du département local de l’Environnement. De nombreuses personnes nous ont aussi dit être choquées de constater de telles quantités alors que chaque foyer ne jette qu’un sac ou deux ».

Un site pensé pour les curieux

Si le bar est éphémère, le Musashino Clean Centre est ouvert toute l’année. Inauguré en 2017, il a été conçu pour devenir un lieu positif, pour encourager les visites. À l’extérieur, des lattes de bois cachant les façades en béton sont percées de fenêtres pour susciter la curiosité. Toutes les indications sont en japonais et anglais, et une salle vitrée permet d’observer les techniciens au travail.

La construction du site a coûté 10 milliards de yens (80 millions d’euros). Son fonctionnement coûtera la même somme sur 20 ans. Tous les déchets qui ne peuvent pas être brûlés sont envoyés dans d’autres centres du Japon et enfouis ailleurs dans le pays.