Angleterre: Une gigantesque banquise de graisse bouche des égouts

EAUX USÉES Il faudra environ huit semaines de travail acharné aux égoutiers pour venir à bout du « fatberg » de plus de 60 mètres de long…

Naomi Mackako

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Illustration d'un tunnel d'égouts.
Illustration d'un tunnel d'égouts. — Paulina Kupis

« N’écoulez plus l’huile de cuisson et le gras dans votre évier », a écrit mardi le service des eaux du sud-ouest de l’Angleterre dans un tweet. Et pour cause, un énorme bloc de graisse de 64 mètres de long a été découvert dans les égouts de la ville côtière de Sidmouth.

Andrew Roantree, le responsable du South West Water tient à sensibiliser la population sur le traitement des eaux usées domestiques. Seuls « le pipi, le caca et le papier hygiénique doivent passer dans les toilettes, précise le tweet. Ne nourrissez pas le fatberg ». Trop de lingettes humides pour bébés sont jetées dans les toilettes par les ménages et une fois évacuées, elles s’agglomèrent aux huiles de cuisson et au cumul de graisse. Le tout forme une répugnante banquise grasse qui vient boucher les égouts souterrains de la ville.

Le South West Water sort le grand jeu

« Heureusement, il a été identifié à temps et ne présente aucun risque pour les zones de baignade », a déclaré Andrew Roantree dans un communiqué. Les jets à haute pression aideront à réduire la taille du « fatberg » (banquise de graisse), mais des agents seront solicités pour attaquer le bloc à coups de pelle. « Il faudra environ huit semaines à notre équipe pour disséquer ce monstre dans des conditions de travail extrêmement difficiles », a ajouté le responsable.

En septembre 2017, un fatberg de 250 mètres de long et pesant 130 tonnes a été évacué des canalisations de Whitechapel, dans l’est de Londres. Le Museum of London en a exposé une partie. Il espérait ainsi alerter le public sur les risques sanitaires que représente ce « monstre ». « C’est un matériau extrêmement dangereux, grouillant de bactéries et libérant de petites quantités de gaz toxiques […] capable de propager des maladies », déclarait Sharon Robinson-Calver, responsable de la conservation des collections au musée.