VIDEO. Bordeaux: A 71 ans, il va traverser l’Atlantique à bord d’un tonneau poussé simplement par le courant

INSOLITE Jean-Jacques Savin va vivre une aventure humaine et scientifique inédite…

Clément Carpentier

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Le tonneau flottant de Jean-Jacques Savin.
Le tonneau flottant de Jean-Jacques Savin. — Tonnellerie Boutes
  • Ce Girondin va tenter de traverser l’Atlantique à bord d’un simple tonneau.
  • Jean-Jacques Savin mènera au cours de cette aventure plusieurs expériences scientifiques.
  • Il espère ne pas croiser trop d’orques pendant ces trois mois de voyage.

On pourrait se dire au premier abord qu’il est fou ! Fou de se lancer dans cette aventure inédite de traverser l’Atlantique à bord d’un tonneau ou « d’une barrique » comme il aime le dire. Pourtant, Jean-Jacques Savin n’a rien d’un fou. Au contraire. A 71 ans, celui qui a connu plusieurs vies (militaire parachutiste, pilote privé, conservateur d’un Parc National en Centre Afrique) a déjà pris le large en voilier pendant sept ans avec femme et enfant par le passé : « son petit tour du monde. »

Mais, c’est en lisant Le naufragé volontaire d’Alain Bombard où un homme traverse ce même océan en 1952 dans un canot pneumatique que cette idée lui est venue : « J’avais envie de repartir mais d’une façon particulière. On a traversé l’Atlantique par tous les moyens possibles, mais peut-être jamais par le plus simple. C’est-à-dire en se laissant dériver comme ça selon les courants. » Le départ à bord de son tonneau de trois mètres de long est prévu le 14 janvier prochain des  îles Canaries. Pour une arrivée trois mois plus tard aux Caraïbes, « au pire aux Bermudes si je dérive trop », rigole-t-il.

Un voyage avant scientifique

D’ici là, le retraité d’Arès sur le bassin d’Arcachon, va en vivre des choses en pleine mer. En effet, il ne part pas les mains vides. C’est une vraie mission scientifique qui l’attend avec trois expériences à la clé :

  • Déposer des balises qui plongeront à près de 1.000 mètres de profondeur pendant cinq à dix ans en faisant remonter des données
  • Son comportement humain va être observé par des psychologues pendant la durée du voyage
  • Une amphore remplie de vin sera attachée à l’embarcation comme dans l’Antiquité pour ensuite analyser le vieillissement du vin
Jean-Jacques Savin sur sa « barrique » avant le grand départ le 14 janvier.
Jean-Jacques Savin sur sa « barrique » avant le grand départ le 14 janvier. - Tonnellerie Boutes

A bord de son tonneau flottant en contre-plaqué époxy de 10m3, la vie quotidienne s’annonce un peu particulière. « Je peux me tenir debout. J’ai un coin couchette, une table, un évier, un réchaud et je compte me nourrir grâce à la pêche », explique celui que l’on pourra suivre sur les réseaux sociaux grâce à une balise GPS.

Attention aux attaques d’orques

Un moyen aussi de vérifier que tout va bien car il y aura quelques petits dangers à éviter. Beaucoup de monde lui « parle d’une possible percussion avec un cargo mais les vagues de celui-ci me repousseront bien avant. Moi ce que je crains le plus, ce sont les attaques d’orques. » C’est notamment pour cette raison que Jean-Jacques Savin a renforcé la structure de sa barrique ces dernières semaines.

Dans cette dernière ligne droite, il se prépare donc pour le grand jour mais tente également de boucler son budget (50.000 euros) grâce à un financement participatif sur la plateforme Ulule. Mais pas de stress pour cet aventurier des temps modernes car comme il dit : « C’est une traversée où je ne serais pas capitaine de mon bateau mais simplement passager de l’Océan ! »