Au Portugal, des chèvres participent à la lutte contre les incendies de forêt

ANIMAUX Des bergers portugais laissent leurs troupeaux brouter la végétation afin d’éviter la propagation des feux…

20 minutes avec agences

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Illustration d'une chèvre.
Illustration d'une chèvre. — S. ZOCCA/CATERS NEWS/SIPA

Le gouvernement portugais a lancé en mars un projet pilote destiné à laisser des chèvres débroussailler les zones vulnérables aux incendies. Il s’agit de la manière « la plus naturelle et la plus économique » selon Antonio Borges, cadre de l’Institut pour la Conservation de la Nature et des Forêts (ICNF).

Les chèvres sillonnent les zones de maquis du Portugal et se régalent de bruyères, de genêts et d’arbustes. Plus efficaces que des bulldozers ou des hommes équipés de débroussailleuses, elles parviennent à accéder aux terrains les plus escarpés et rocheux. Les sites ainsi défrichés deviennent des pare-feux naturels.

Une quarantaine de bergers

Une quarantaine de chevriers vont participer au projet au cours des cinq prochaines années dans tout le Portugal. Ce travail leur rapportera 125 euros par hectare nettoyé la première année, puis 25 les quatre années suivantes.

Il s’agit d’un supplément de revenus bienvenu pour ces hommes dont Antonio Borges souligne l’important « rôle de vigilance ». Tiago Oliveira, responsable d’une équipe d’experts chargée de reformuler le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt, rappelle que le pays reste vulnérable aux incendies.

Moins d’incendies l’été dernier

L’ICNF espère voir rapidement les résultats du projet, mais la véritable efficacité des chèvres ne pourra pas être mesurée avant cinq ans voire plus. « Les nouvelles initiatives de gestion forestière vont mettre des dizaines d’années à produire des résultats », explique Tiago Oliveira. « C’est un travail de longue haleine. »

Après les incendies meurtriers de 2017 qui avaient fait plus de 100 morts dans le centre du Portugal, l’été dernier a été moins meurtrier. La surface calcinée est en baisse de 60 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Les autorités ont constaté 40 % de départs de feux en moins.