Des animaux deviennent nocturnes pour éviter de croiser les humains

ANIMAUX Ce changement de comportement pourrait avoir une incidence sur l’écosystème…

Naomi Mackako

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Illustration d'un ciel nocturne.
Illustration d'un ciel nocturne. — Robert Karkowsk

Une étude menée par des scientifiques dont Kaitlyn Gaynor, révèle que de nombreux mammifères à travers le monde, à l’origine diurnes, ont modifié leur période d’activité afin de ne pas rencontrer les hommes sur leur chemin, rapporte The Atlantic.

De l’antilope, en passant par l’éléphant et le sanglier, les animaux évoluant en dehors de réserves et donc confrontés à la présence humaine semblent avoir trouvé une parade pour ne pas avoir affaire à l’homme. Les premières données sont venues de Tanzanie. Des caméras capables de détecter le mouvement disposées à l’intérieur et dans les alentours d’une réserve ont rapporté que des antilopes, jusqu’alors essentiellement diurnes, se déplaçaient désormais davantage la nuit. Préférant se frotter à leurs prédateurs, les lions, plutôt qu’aux humains. Ce comportement concernait les antilopes vivant à l’extérieur de la zone protégée.

« Les animaux perçoivent une menace, même en l’absence de danger »

Sur les 62 espèces mammifères observées, l’étude révèle que tous les continents sont touchés par cette mutation du comportement animal, à l’exception de l’Antarctique. Les animaux directement persécutés par les humains - notamment à travers la chasse - ne sont pas les seuls à préférer sortir la nuit pour se nourrir. D’autres activités non offensives telles que le cyclisme et la randonnée poussent les mammifères à rester cloîtrés dans la forêt pendant la journée. « Ce qui nous a choqué, c’est la constance de l’effet », a déclaré Kaitlyn Gaynor, à l’origine de l’étude. « Ils perçoivent une menace, même en l’absence de danger ».

Eviter des situations risquées

Si pour les scientifiques, la coexistence des humains et des animaux semble être la seule solution pour la préservation de la faune, cette adaptation de la part des mammifères n’est une réponse qu’à court terme. En effet, dans certains cas cela peut éviter des situations dangeureuses. Au Népal, par exemple, les tigres ne se rendent dans les champs de culture que la nuit, ce qui épargne les agriculteurs d’attaques et évite aux félins d’être tués.

Mais dans le noir, ces espèces font face à de nouveaux risques. Leur vue est moins bonne qu’en journée, il leur est souvent plus difficile de trouver de la nourriture et de l’eau ou encore de se défendre. A long terme, leur durée de vie pourrait se voir raccourcie, réduisant la reproduction. La chaîne alimentaire entre les espèces pourrait égalemment être altérée et avoir des conséquences imprévisibles.

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