Vaucluse: Un vigneron se fait chaparder des galets dans ses vignes... «C'est notre terroir qu'ils nous volent!»

AU VOLEUR Ce vigneron victime de vols récurrents accuse des « maçons qui font le plein et ensuite refacturent les galets à leurs clients »...

J.S.-M.

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Un champ de vigne (pas du tout dans le Vaucluse, mais ceci est une photo d'illustration).
Un champ de vigne (pas du tout dans le Vaucluse, mais ceci est une photo d'illustration). — Gutner / SIPA
  • Cela fait des années que Xavier Anglès subit des vols de galets dans ses vignes.
  • Il exprime son «ras le bol» face à ces vols qui pourraient nuire à son terroir.

Tout s’achète. Tout se vend. Tout se vole, aussi. On a failli tomber de notre chaise quand on a appris qu’un vigneron installé à Chateauneuf-de-Gadagne, dans le Vaucluse, se faisait voler des pierres dans son vignoble. Oui, vous avez bien lu : des «  cambrioleurs » débarquent nuitamment dans ses champs et repartent avec une cargaison… de cailloux !

« C’est récurrent, en fait ! On se fait voler des galets par remorques entières », assure à 20 Minutes Xavier Anglès, patron du Domaine du bois de Saint-Jean. Habitué aussi aux vols de raisins (pour la revente au marché noir), aux vols de plants de vigne, il clame cette fois son « ras-le-bol » : « Ils nous volent notre terroir ! »

« Ça fait de beaux murs »

Ils ? Des touristes, des bricoleurs et même, selon Xavier Anglès, des professionnels : « Ils sont jolis, nos galets, alors on a des maçons qui viennent et qui font le plein : ils remplissent des remorques entières et refacturent ça à leurs clients ! Ça fait de beaux murs, très typiques ! »

Ça fait aussi du bon vin : les galets agissent comme des pierres réfractaires, stockant la chaleur du soleil en journée pour la restituer dans la soirée :

Evidemment, ce ne sont pas quatre cailloux qui vont changer la face de la colline. Mais à force… Ces galets sont très importants, ce sont eux qui font la puissance de nos vins ! On a une semaine d’avance en maturité, on a de nombreux avantages… C’est ce qui a fait notre réputation ! »

Les gendarmes ont fait une tournée sur ses parcelles, et constaté que les voisins subissaient le même genre de chapardages. Mais Xavier Anglès n’a pas porté plainte : en pleines vendanges, il n’a pas de temps à perdre. Et puis le viticulteur n’est « pas un méchant » (sic). « Si quelqu’un vient me demander, je connais des zones en montagne où il y a d’énormes tas de cailloux… Là, ils pourront se servir ! » Mais pas touche à ses vignes.

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