L'incroyable marathon d'un manchot de Nouvelle-Zélande

MIGRATION Dans le cadre de l'étude, les chercheurs ont équipés 20 manchots de balises... 

20 Minutes avec AFP

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Un gorfou du Fiordland.
Un gorfou du Fiordland. — Thomas MATTERN / AFP

Chaque année en décembre, un manchot aux grands sourcils jaunes broussailleux quitte les côtes de Nouvelle-Zélande pour un marathon solitaire de deux mois, parcourant jusqu’à 6.800 km aller-retour, une distance époustouflante selon les chercheurs qui ont réussi pour la première fois à suivre les oiseaux.

Les manchots, stars de dessins animés et universellement adorés, sont peu étudiés. Un tiers des espèces vivent en Nouvelle-Zélande, où elles font partie du paysage, principalement dans les régions sauvages du sud. La plupart sont néanmoins catégorisées vulnérables ou menacées.

Une distance incroyable

Jusqu’à présent, on ignorait où l’un de ces manchots, le gorfou du Fiordland (Eudyptes pachyrhynchus), migrait chaque année en quête de nourriture. Les zoologues supposaient qu’il restait près des côtes. Pour le vérifier, ils ont attaché des balises Argos sur vingt de ces oiseaux, qu’ils ont suivis quotidiennement dans leur migration.

« Au début, j’ai cru qu’il y avait une erreur dans les données, explique Thomas Mattern, chercheur de l’université de l’Otago en Nouvelle-Zélande, qui dirige le Projet Tawaki, du nom local du manchot. J’étais complètement stupéfait, je me demandais : mais jusqu’où vont-ils aller ? » La destination des manchots s’est avérée être à mi-chemin de l’Antarctique, dans des zones où les eaux chaudes du nord se heurtent aux eaux froides du sud.

Un nageur extraordinaire

Puis les manchots sont retournés en Nouvelle-Zélande. Aller-retour, une femelle a parcouru 6.801 km en 67 jours. Un mâle a nagé 5.597 km en 77 jours. Les données complètes ne concernent que cinq animaux, les balises s’étant vraisemblablement détachées en cours de voyage chez les 15 autres.

Ces nouvelles informations confirment que le manchot -à ne pas confondre avec les pingouins, des petits oiseaux qui peuvent voler et vivent dans le nord- est l’un des nageurs vertébrés les plus extraordinaires de la planète. Selon Thomas Mattern, les Russes avaient même étudié l’hydrodynamisme de son pelage pour l’imiter pour leurs sous-marins.

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