Royaume-Uni: La «banquise de graisse» de Londres évolue désormais en direct sur YouTube

ENVIRONNEMENT La responsable de la conservation des collections au Museum of London, parle d'«un matériau extrêmement dangereux, grouillant de bactéries et libérant de petites quantités de gaz toxiques»…

Naomi Mackako

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Le "fatberg" est constitué de graisses et de lingettes jetées dans les toilettes. Il a été retrouvé dans des égouts de Whitechapel, dans l'est de Londres, en septembre dernier.
Le "fatberg" est constitué de graisses et de lingettes jetées dans les toilettes. Il a été retrouvé dans des égouts de Whitechapel, dans l'est de Londres, en septembre dernier. — Matt Dunham/AP/SIPA

Si vous vous êtes déjà demandé ce que devenaient certains des déchets jetés dans les toilettes - alors qu’ils ne devaient pas l’être - sachez qu’il est désormais possible d’en observer l’évolution en direct sur YouTube.

Le bloc baptisé Fatberg est composé de graisses et de lingettes jetées dans les toilettes. Il a été évacué en septembre dernier des égouts de Whitechapel, dans l’est de Londres, rapporte franceinfo. Cette « banquise de graisse » de 250 mètres de long et de 130 tonnes a été exposée sur la période de février à juillet au Museum of London. Le musée offre à présent aux curieux de poursuivre l’observation de la masse monstrueuse sur YouTube en direct.

« C’est comme essayer de briser du béton »

« C’est un véritable monstre qui demande beaucoup de main-d’œuvre et de machines pour être enlevé », avait déclaré à l’époque de son extraction, Matt Rimmer, chef des réseaux déchets de Thames Water. « C’est comme essayer de briser du béton », avait-il commenté.

« La "banquise de graisse" dit quelque chose de l’évolution de Londres, avait expliqué à l’occasion de cette exposition temporaire, Sharon Robinson-Calver, responsable de la conservation des collections au musée. Aujourd’hui, nos égouts sont menacés par une crise : huit fois par heure, il y a un client de Thames Water [la compagnie des eaux] qui subit un blocage causé par des déchets évacués par les canalisations ou qui y sont jetés mais ne devraient pas l’être. »

Une propagation possible de maladies

Si le musée espère ainsi sensibiliser le public au danger que représente un mauvais traitement des déchets, il tire aussi la sonnette d’alarme sur les risques sanitaires entourant le Fatberg. « C’est un matériau extrêmement dangereux, grouillant de bactéries et libérant de petites quantités de gaz toxiques, a ajouté Sharon Robinson-Calver. L’échantillon que nous avons pris pourrait contenir des aiguilles hypodermiques, des préservatifs ou des matériaux sanitaires, et est certainement capable de propager des maladies. »

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