VIDEO. Iran: Mobilisation sur les réseaux sociaux pour la jeune fille arrêtée pour ses vidéos de danse

SOLIDARITÉ Les jeunes Iraniens espèrent réveiller l’opinion internationale face à ce qu’ils considèrent comme une injustice…

Naomi Mackako

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Illustrations réseaux sociaux
Illustrations réseaux sociaux — Denis Closon/ISOPIX/SIPA

Maedeh Hojabri, 18 ans, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. La jeune femme a été arrêtée par la cyberpolice iranienne (FATA) pour ses vidéos de danse postées sur Instagram. Sur les réseaux sociaux, les internautes se mobilisent pour lui témoigner leur soutien.

D’abord à l’échelle nationale, les jeunes Iraniens émus par l’histoire de Maedeh, ont créé un mot-dièse : #Beraghs_ta_beraghsim (« Danse pour que nous continuions à danser », en persan). Les publications ont été davantage partagées sur Twitter et Instagram car Facebook est censuré, rapporte Néon. Le seul moyen d’accéder à Facebook et Messenger est d’utiliser des applications illégales qui donnent accès au réseau. Instagram ne devrait pas tarder à connaître le même sort.

Adolescence et jeunesse volées

En signe de protestation et de soutien, de nombreux Iraniens se sont filmés en train de danser et ont posté leur vidéo sur les réseaux sociaux. Le mouvement qui lutte pour le droit de ne pas porter le voile en Iran, Mercredi Blanc, a également témoigné son soutien envers l’adolescente. Une jeune femme a filmé sa grand-mère retirant son voile en marque de solidarité.

Une autre utilisatrice a filmé sa mère en train de danser dans une robe rouge. « Ma mère m’a dit : je danse pour votre adolescence et jeunesse volées, pour la liberté et la joie que vous méritez. », a-t-elle légendé sa vidéo.

Quatre ans de prison et 80 coups de fouet

D’autres Iraniens, comme Maedeh Hojabri, ont été arrêtés par la cyberpolice pour une utilisation immorale des réseaux sociaux. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à 4 ans de prison, 80 coups de fouet, stage éducatif et excuses publiques sur la chaîne de télévision du gouvernement, rapporte le magazine. Maedeh a d’ailleurs dû présenter des excuses à la télévision iranienne, à visage couvert.