VIDEO. Danemark : Des ovaires humains artificiels pour concevoir un bébé

SCIENCES La nouvelle technique de procréation pourrait être une grande avancée pour les femmes subissant des traitements lourds tels que la chimiothérapie qui peut nuire à la fertilité…

Naomi Mackako

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Une femme enceinte. Image d'illustration.
Une femme enceinte. Image d'illustration. — Free-Photos

Des scientifiques ont présenté lundi au congrès de la Société européenne de l’assemblée annuelle de reproduction et d’embryologie à Barcelone, une nouvelle technique de conception pour aider les femmes faisant face à des problèmes d’infertilité, rapporte The Guardian. Il s’agit d’un « ovaire artificiel » fabriqué à partir de tissus humains.

Les chercheurs du Rigshospitalet au Danemark ont ​​prélevé des follicules - une sorte de sac à l’intérieur duquel se développe l’ovocyte - sur une souris femelle. Ils ont ensuite retiré les cellules en utilisant un processus chimique de trois jours afin de les déconnecter du système sanguin, laissant un réceptacle neutre de tissu sur lequel les follicules ont ensuite été greffés.

Plusieurs années de mise au point

Les follicules ont été implantés sur sept souris, dont trois d’entre elles ont donné naissance à des portées de souriceaux en parfaite santé. L’ovaire conçu en laboratoire est fait en grande partie de collagène. Il est capable de maintenir en vie des ovules pendant des semaines. La technique nouvelle ne sera pas opérationnelle avant plusieurs années.

« Il faudra entre cinq et dix ans de travail avant que les ovaires artificiels soient applicables aux êtres humains », a déclaré la scientifique Susanne Pors. La technique sera particulièrement bénéfique pour les femmes cancéreuses dont la fertilité est souvent détruite par les émissions radioactives et la chimiothérapie, ainsi qu’aux patientes atteintes de sclérose en plaques et de certains troubles sanguins.

Des essais cliniques dans trois ans

« Des études ont montré que lorsque vous transférez du tissu, l’incidence du cancer est très faible, mais c’est toujours un sujet qui nous préoccupe suffisamment pour être très prudent », a déclaré au Telegraph le professeur Nicholas Macklon, de l’Université de Southampton. Il a ajouté que les ovaires artificiels pourraient être mis à la disposition des patients dans le cadre d’essais cliniques dans trois ans.

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