Japon: Une cérémonie mortuaire pour des chiens robots irréparables

REST IN PEACE Des prêtres bouddhistes ont prié pour le repos de l’âme des robots mis sur le marché en 1999 par Sony…

Naomi Mackako

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Cérémonie funéraire pour les chiens robots Aibo au temple de Kofukuji au Japon.
Cérémonie funéraire pour les chiens robots Aibo au temple de Kofukuji au Japon. — CATERS/SIPA

Si vous avez déjà perdu un animal de compagnie auquel vous teniez, vous comprendrez (peut-être) la volonté des propriétaires de chiens robots Aibo d’accompagner leurs toutous mécaniques dans leur dernière demeure.

Encens, litanies et fleurs… C’est dans une atmosphère solennelle que la cérémonie mortuaire en l’honneur des chiens robots de Sony, s’est déroulée au temple de Kofukuji de la cité de Nara, rapporte The Guardian. 114 Aibos au total se sont retrouvés exposés sur des estrades recouvertes de draps blancs immaculés. Une étiquette a été disposée autour du cou de chaque « défunt » indiquant sa provenance et le nom des propriétaires respectifs endeuillés.

Un succès fou dans les années 90

Mis sur le marché en 1999 par la multinationale japonaise, le premier robot divertissant à usage domestique connaît un succès fou. La totalité du stock initial est écoulée en 20 minutes, soit 3.000 articles vendus et ce, malgré son montant exorbitant de 3.000 euros (environ 2.500 euros). En tout, 150.000 exemplaires ont été vendus par le géant de l’électronique. En 2014, Sony a définitivement cessé la réparation du chien robot.

En janvier, Aibo a eu un petit frère : une version améliorée dotée de l’intelligence artificielle et connectée à Internet afin de pouvoir interagir avec son propriétaire. C’est donc la fin irrémédiable pour la première génération de robot. Après la cérémonie d’adieu, les robots seront remis à l’entreprise A Fun, une société spécialisée dans la réparation d’objets anciens. Les pièces réutilisables seront récupérées pour raccommoder les Aibos les moins endommagés.

Bungen Oi, un prêtre ayant participé à la cérémonie a déclaré qu’il ne voyait rien de mal à donner aux robots à quatre pattes un au revoir selon les principes bouddhistes. « Toutes les choses ont un peu d’âme », a-t-il déclaré.