Royaume-Uni: Des milliers de parents veulent dispenser leurs enfants des tests obligatoires en primaire

EDUCATION Des devoirs supplémentaires et des sessions de révisions intensives sont imposés aux enfants de 2e et 6e années d’école primaire…

Naomi Mackako

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Une écolière. Image d'illustration.
Une écolière. Image d'illustration. — DELAHAYE CATHERINE/SIPA

Des milliers de parents britanniques ont téléchargé une lettre qui prévoit d’empêcher le passage de tests en école primaire, relate The Independent. Le document vient en réponse au vote du syndicat national d’éducation, de la semaine dernière, contre les tests d’alphabétisation et de calcul obligatoires pour les enfants de 2e et 6e années d'école élémentaire.

Le SATS est un système d’évaluations que les écoliers britanniques passent en début et fin de cycle de l’école primaire. Il permet d'informer les parents sur le niveau de l'école de leur enfant en le comparant à l'échelle nationale. Ces dernières années, une hausse considérable des exercices et des révisions a été observée chez les enfants au départ des vacances de Pâques. Un constat qui inquiète les parents d’élèves qui craignent que cette surcharge de travail chez les petits ne détériore leur santé mentale. Pour des raisons de « pressions d’un système de tests à enjeux élevés », des milliers de parents ont téléchargé un document stipulant que leur progéniture ne passera pas le SATS cette année.

« Inutiles et dommageables »

Des syndicats d’enseignants ont mis en garde contre l’impact « préjudiciable » de ces évaluations mises en place par le gouvernement britannique. Les écoles pourraient commencer à recevoir la lettre de retrait du SATS des parents cette semaine alors que les élèves de certaines régions du pays reviennent des vacances de Pâques. Un porte-parole du groupe de campagne « Let Our Kids Be Kids » (« Laissez nos enfants être des enfants », en français) a déclaré à The Independent : « Les syndicats d’enseignants ont raison de suggérer une base morale pour boycotter ces tests à enjeux élevés - si largement reconnus inutiles et dommageables - mais les parents veulent agir maintenant. »

Lors d’une commission sur l’éducation et la santé, un responsable de l'Education a déclaré que la pression des examens avait toujours fait partie de la vie scolaire et avait toujours suscité de l’anxiété chez les jeunes. Il a ajouté que plus tôt les enfants prendront l’habitude de passer des examens, mieux ils seront préparés pour les nombreux autres qu’ils devront passer pendant leur parcours académique. 

Un avis que ne partage pas Mary Bousted, secrétaire générale du syndicat national de l’éducation. Pour elle, la résilience ne se bâtit pas sur une succession d’échecs. Et d’ajouter : « Trop d’enfants et de jeunes à l’école connaissent des échecs après un échec. C’est juste contraire à l’éthique et immoral. » « Il y a eu une crise de la santé mentale des enfants et des adolescents et je pense que cela est en grande partie lié à la pression que nous mettons sur [leurs épaules] alors qu'ils ne peuvent pas la supporter.»

Un porte-parole du Département de l'Education a déclaré que les tests sont essentiels pour aider les enfants à apprendre à lire, écrire et additionner correctement, des facultés qui posent les bases de la réussite du cycle du secondaire.