Estonie: 100.000 personnes vont donner leur ADN pour obtenir des conseils médicaux personnalisés

SCIENCES Les participants au programme pourront être avertis en cas d’allergies à certaines molécules ou encore de maladies graves…

Naomi Mackako

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Tubes d'échantillons de sang. Illustration.
Tubes d'échantillons de sang. Illustration. — GILE MICHEL/SIPA

Près de 8% de la population de l’Estonie vont participer à un programme de recueil d’ADN afin de prévenir des problèmes de santé, rapporte The Independent.

100.000 personnes ont accepté de donner des échantillons de leur sang afin d’obtenir des conseils personnalisés en matière de santé et de mode de vie. Les autorités espèrent de cette façon avertir au plus tôt les individus exposés aux risques de contracter des maladies graves, particulièrement les maladies cardiovasculaires et le diabète.

Utiliser ces informations au quotidien

Le projet coûtera 5 millions d’euros à l’État. « Aujourd’hui, nous avons suffisamment de connaissances sur le risque génétique des maladies complexes et la variabilité interindividuelle des effets des médicaments afin de commencer à utiliser systématiquement cette information dans les soins de santé quotidiens », a déclaré le ministre de la Santé, Jevgeni Ossinovski. En effet, les participants au programme pourront savoir s’ils sont allergiques à certaines molécules présentes dans les médicaments et risquent de développer des effets indésirables à certaines molécules comme la codéine par exemple.

Le programme a été vivement critiqué. Les personnes s’y opposant craignent que cette pratique n’alarme inutilement les personnes qui découvriront qu’elles sont susceptibles de développer des maladies, sans aucune certitude que cela se produise. « Cela peut provoquer plus de questions que de réponses chez ceux qui y participent et, dans certains cas, une grande anxiété », a déclaré au New Scientist, Hugh Whittall, directeur du Nuffield Council on Bioethics au Royaume-Uni.

D’autres pays, comme le Royaume-Uni et l’Irlande, stockent et analysent les informations génétiques des citoyens. Mais les données sont recueillies de façon anonyme pour la recherche médicale plutôt que pour fournir des conseils personnels.