Sénégal: Des scientifiques mettent au point une variété de blé qui résiste aux fortes chaleurs

AGRICULTURE Le projet pourrait être salutaire pour le Sénégal qui importe pour 30 millions d’euros de blé par an…

Naomi Mackako

— 

Culture de blé. Image d'illustration.
Culture de blé. Image d'illustration. — GILE MICHEL/SIPA

Le village de Ndiayene Pendao, au nord du Sénégal s’apprête à cueillir la première récolte de blé dur du pays, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

La céréale représente une alternative « lucrative et à croissance rapide » explique le quotidien, après l’échec de la culture d’oignons et de tomates qui a perturbé celle du riz. Pendant quatre ans, des milliers de variétés de blé ont été testées. La région représente une zone stratégique importante, avec un million de petits exploitants vivant le long du bassin du fleuve du Sénégal.

S’adapter à des conditions climatiques sévères

Le Centre international de recherche sur les zones arides a développé une souche de blé pouvant supporter des températures constantes allant jusqu’à 40 °C. Le pays fait partie des terres dites « sèches ». Les zones de ce type représentent 40 % de la surface terrestre mondiale. Habituellement, le blé, considéré comme une culture à climat froid est cultivé dans l’hémisphère nord.

Ce projet a été porté par le Dr Filippo Bassi et le professeur Rodomiro Ortiz de l’Université suédoise des sciences agricoles. « Lorsque nous avons eu cette idée il y a cinq ans, les gens pensaient que nous étions un peu fous », se souvient Filippo Bassi. « Alors que des cultures telles que le maïs ombragent leurs "glands" et que le riz descend vers l’eau, explique-t-il, le blé, [lui] pousse vers le haut en direction du soleil ».

Presque plus efficace et nutritif que le riz

La variété de blé est en pleine croissance et peut être récoltée en seulement 92 jours, elle n’a donc pas d’impact sur la culture du riz récolté deux fois par an. Un hectare peut produire jusqu’à six tonnes de blé. Sa culture nécessite moins d’eau que celle du riz et contient cinq fois plus de protéines, ainsi que plus de vitamines et de minéraux. La paille provenant des champs fournira également un aliment important pour le bétail.

Le pays de la Téranga achète pour près de 30 millions d’euros de blé dur par an, essentiellement destiné à la fabrication de couscous et de pâtes. Une tonne de grain coûtant l’équivalant de 100 paquets de pâtes, avec cette nouvelle variété de blé, les agriculteurs pourront transformer une tonne en 2.000 paquets de pâtes.

Si le gouvernement sénégalais a reconnu l’importance du projet, il n’a pas encore officiellement soutenu le projet. Mais le Dr. Filippo Bassi espère que les agences internationales et les entreprises privées interviendront.