Strasbourg: Il mémorise près de 5.000 décimales de Pi et les récite dans l’ordre

MEMOIRE Un Strasbourgeois, Sylvain Estadieu, pulvérise le record de France lors de la journée mondiale du Pi (3,14) en récitant dans l’ordre 4.681 décimales…

Gilles Varela

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Sylvain Estadieu lors du concours de mémoire Pi. Le 14 mars 2018 .
Sylvain Estadieu lors du concours de mémoire Pi. Le 14 mars 2018 . — Idriz Zogaj Président de la fédération de mémoire
  • A l’occasion de la journée mondiale du Pi, (3,14) un Strasbourgeois a battu le record de France avec 4.681 décimales qu’il a mémorisé et récité dans l’ordre.
  • Pour arriver à ses fins, il associe les nombres à des images.

Vous connaissez Pi, 3,14… Alors mémorisez et récitez dans l’ordre sans vous tromper les 4.679 décimales suivantes et vous pourrez vous targuer d’égaler la performance du Strasbourgeois, Sylvain Estadieu, réalisé à l’occasion de la journée mondiale du Pi, le « Pi day », ce 14 mars.

C’est ainsi qu’il a pulvérisé le record de France actuel qui tournait autour des 700 décimales. Loin cependant des 10.000 milliards de décimales qui sont connues actuellement. Pendant près d’une heure et demie, il a récité devant trois témoins dont un doit être académique (professeur, avocat, notaire), les yeux bandés, la ribambelle de décimales à raison d’une par seconde.

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Des chiffres, une image

Pour tout lambda, cela peut paraître un peu « farfelu ». Et il est facile de prétexter que c’est certainement un génie en maths, voire une sorte de monstre pour avoir une idée pareille, avant de se rendre à l’évidence que c’est le résultat d’un incroyable travail, d’entraînements réguliers et de méthodes acquises avec les années. Il y a deux ans, Sylvain Estadieu, qui ne croyait pas vraiment aux méthodes de mémorisation, s’est penché sur un manuel traitant ce sujet.

Depuis, il adapte et développe les méthodes et multiplie les concours et les décathlons, marathons de mémoire. Cet ancien du Lycée Kléber, où il avait suivi une prépa de maths, assure qu’il n’est pas nécessaire d’être bon en cette matière. Pour arriver à mémoriser tous ces nombres, il les associe, par série de trois, à une image. Celle d’un objet, d’un personnage. Par exemple, 121 est une tente. Il associe cette série de trois chiffres aux consonnes TNT, qui « donnent le squelette d’un mot ». En ajoutant les voyelles, il arrive à tente. 121 = TeNTe, vous l’avez ? Et ainsi de suite. Il s’invente des histoires, une liste de mots et « ce sont finalement les images et le récit qui sont importants, pas les chiffres. C’est une méthode connue de tous », assure Sylvain Estadieu. Facile…

Sylvain Estadieu lors du concours de mémoire Pi. Le 14 mars 2018 .
Sylvain Estadieu lors du concours de mémoire Pi. Le 14 mars 2018 . - Idriz Zogaj Président de la fédération de mémoire

Trois semaines d’entraînement

Il lui a quand même fallu, pour cette performance, assembler 1.500 images… Et encore, il est un peu déçu car il s’était préparé à atteindre les 10.000 décimales. Ceci dit, il reste de la marge, le record mondial, 70.000, étant détenu par un Indien. Le Strasbourgeois de 32 ans qui réside depuis six ans en Suède où il est ingénieur automobile, s’explique : « J’étais prêt pour les 10.000, j’ai plusieurs fois répété sans faire d’erreur en tapant les chiffres sur le clavier de mon ordinateur. Mais ma langue a fourché, car je devais convertir les décimales en suédois et je me suis trompé sur un chiffre ».

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Il ne lui a fallu que trois semaines pour arriver à ses fins et à s’habituer «à la mélodie» des décimales de Pi. À raison d’une à deux heures par jour pendant les dix derniers jours. Il s’est entraîné dans le bus pour se rendre sur son lieu de travail, pendant la pause du midi. « Ces techniques de mémorisation fonctionnent bien, c’est un travail en amont et avoir un intérêt pour la chose ».

Pour l’heure, le Strasbourgeois se prépare à d’autres concours de mémoire, pour changer des chiffres mais toujours pour le plaisir et par challenge, car il le reconnaît, c’est « un compétiteur ».