Québec: Il arpente les rues de Montréal avec son karcher et efface les graffitis haineux

PEACE Corey Fleischer finance de sa poche ses opérations « anti-haine » ...

Naomi Mackako

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Une vue de Montréal au Canada
Une vue de Montréal au Canada — Timothy A. Clary AFP

Le Québécois Corey Fleischer est engagé dans la lutte contre la haine. A l’aide de son Karcher, le jeune homme d’origine juive arpente les rues de Montréal et efface les graffitis malveillants. Un combat commencé il y a cinq ans et que Corey souhaiterait aujourd’hui mener dans toutes les grandes villes du monde.

Tout a commencé après que Corey, arrêté à un feu, a aperçu une croix gammée taguée sur un bloc de ciment. « J’ai roulé juste à côté et j’ai été dégoûté par le graffiti et… par moi-même », a confié Corey Fleischer à la chaîne NowThis. « Je n’arrivais pas à croire que j’étais passé à côté de cette croix gammée sans rien faire. »

Jusqu’à une trentaine d’opérations par jour

Tourmenté, le jeune homme a fini par revenir sur les lieux et par effacer le symbole nazi. Ainsi, a débuté sa chasse aux graffitis haineux. Dans la foulée, Corey s’est mis à rechercher des tags, à les effacer puis a « tout arrêté » pour se consacrer au nettoyage des murs. « J’étais comme drogué », a-t-il confié.

Si pendant cinq ans Corey a mené seul ce combat [il est venu à bout d’une cinquantaine de graffitis], il a depuis créé « Erasing Hate » (« Effacer la haine », en français). Ce mouvement coordonne des opérations de nettoyage. Corey et son équipe mènent aujourd’hui jusqu’à une trentaine d’opérations par jour, à la suite du repérage des tags ou des signalements faits par les habitants.

Une application et un financement participatif

« Erasing Hate » devrait bientôt créer une application qui permettra de signaler les zones où se trouvent des tags et vient de lancer un appel au financement participatif afin de lever des fonds pour mener des opérations à travers l’Europe.

« Je serai heureux de mener ce combat en dehors de Montréal, partout dans le monde », a déclaré Corey, qui jusqu’ici finançait le projet de sa poche. A noter que la plupart des tags découverts par le Québecois sont à « caractère antisémite ». Viennent ensuite les graffitis homophobes et islamophobes.