Solidarité avec un écolier harcelé: Soupçons de racisme et d'escroquerie… La belle histoire de Keaton Jones prend un drôle de tournant

RÉSEAUX SOCIAUX Des photos de Kimberly Jones et de sa famille arborant le drapeau des suprémacistes blancs choquent la Toile…

Naomi Mackako

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Le suprémacisme blanc est une idéologie raciste fondée sur la supériorité des humains à la peau blanche sur les autres races.
Le suprémacisme blanc est une idéologie raciste fondée sur la supériorité des humains à la peau blanche sur les autres races. — Steve Helber/AP/SIPA

Le témoignage de Keaton Jones, le jeune américain victime de harcèlement scolaire, a ému la Toile le week-end dernier. Une vague de sympathie de la part des célébrités américaines s’est manifestée et pourtant cette belle histoire prend un tournant curieux.

Des photos et propos de la mère du petit garçon originaire du Tennessee pourraient faire changer le discours des stars. Les internautes ont fouillé le compte Facebook de Kimberly Jones et en ont ressorti des images allant à l’encontre même du principe de la vidéo de son fils.

Pistolet en main et drapeau confédéré

Sur la page Facebook de Kimberly Jones se trouvent des photos d’elle pistolet en main, accompagnée parfois de ses amis et parfois de ses propres enfants, arborant le drapeau confédéré, symbole des suprémacistes blancs aux Etats-Unis. Sur un poste effectué depuis ce même compte, en août dernier, la mère de Keaton semble dire que les gens devraient cesser de se plaindre de l’esclavage et du racisme.

Le post a été publié quelques jours après le rassemblement néonazi de Charlottesville. Sur Twitter, la sœur de Keaton jones a défendu sa mère, affirmant qu’elle n’est pas raciste mais seulement « une femme forte du sud ». Depuis, le compte a été paramétré en mode «privé» et n’est plus accessible.

Ces découvertes viennent accentuer la tension raciale déjà forte autour de cette affaire, alors que deux petites filles américaines, Rosalie Avila et Ashanwty Davis, issues des minorités se sont suicidées au début du mois de décembre. Elles étaient elles aussi victimes de harcèlement scolaire. Les internautes s’indignent de constater que leur disparition est passée sous silence.

Des fans déçus et 60.000 dollars récoltés

Sur les réseaux sociaux, les révélations sur la position de Kimberly Jones quant à la question raciale, très sensible aux Etats-Unis, ont déçu bon nombre de personnes. Les fans des stars qui continuaient de poster des messages de soutien au jeune écolier ont désapprouvé ces actes dans des commentaires négatifs.

A cela s’ajoute l’enquête de BuzzFeed, qui pointe la multiplication dimanche de messages appelant à faire des dons au jeune garçon en évoquant l’absence de son père et postés par un compte Instagram au nom de la mère de Keaton.

Une « bataille » s’est ensuite jouée lundi sur les réseaux sociaux entre la cagnotte Give My Son A Good Christmas (Donnez un bon Noël à mon fils) censée avoir été créée par Kimberly Jones et une autre cagnotte lancée par un homme nommé Joseph Lam (Stand Up for Keaton) et qui avait déjà levé près de 60.000 dollars sans que le lien direct avec le garçon ait pu être authentifié. Une rivalité qui a suscité l’indignation des internautes dénonçant un tentative d’exploitation commerciale des souffrances du garçons.

Faux compte Instagram et propos choquant

Sur Instagram, Joe Schllings, un kickboxeur professionnel américain, a partagé une capture d’écran d’une conversation qu’il aurait eue avec la mère de Keaton.

Alors qu’il lui reprochait d’utiliser la détresse de son fils pour s’enrichir, elle lui a répondu : « Qu’advient-il de nous, blancs qui nous serrons les coudes et sommes unis face au prédateur ? ». Il ignore si la personne avec qui il a échangé est bien Kimberly Jones mais il reste choqué des propos cupides et racistes tenus par la sudiste.

La soeur de Keaton, Laykin Jones, a fermement démenti lundi toutes ces accusations : «Le compte Instagram KimberlyJones_38 n'est pas celui de ma mère. Elle un compte Instagram personnel et n'a parlé à personne. Nous n'avons pas reçu d'argent et ne comptons pas le faire. Les gofundmes n'ont pas pas été lancés par nous», a écrit l'adolescente sur Twitter.

«Ceux qui me connaissent et connaissent ma famille savent que nous ne sommes pas racistes. Mon frère n'utilise pas le mot N**** [nègre]. Laissez tomber», a-t-elle poursuivi.

Face au tournant que prend l’histoire, des stars se sont exprimées sur Twitter, certaines désirent tout de même soutenir Keaton en mettant en avant son innocence d’enfant et en refusant de combattre la haine par le rejet du haïsseur. Selon eux, ce n’est pas à lui de payer pour le comportement de sa mère.