Italie: Le Milano 25 ou la taxi-thérapie qui redonne le sourire aux enfants malades...

SOLIDARITE Catarina Bellandi sillonne les hôpitaux pédiatriques à bord de son taxi extravagant et illumine les enfants cancéreux...

Naomi Mackako

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Le Ponte Vecchio à Florence (Italie). (Illustration)
Le Ponte Vecchio à Florence (Italie). (Illustration) — Ron Sachs/CNP/AdMedia/SIPA

Sol en damier noir que l’on s’attendrait à croiser dans une maison, sièges en cuir aux couleurs vives : jaune, violet et orange, et autocollant de marguerites collé sur la carrosserie… Il ne s’agit pas d’une voiture hippie des seventies, c’est le Milano 25. Un taxi qui illumine la vie des enfants cancéreux de la ville de Florence, en Italie.

Avec son chapeau de paille décoré de pompons et de fleurs en tissus, sa cape aux couleurs flashy et ses poignets entourés de clochettes qui tintent à chacun de ses mouvements, l’extravagante Caterina Bellandi ne passe pas inaperçue. Au volant de sa Chrysler hors du commun, la femme de 52 ans fait le tour des services pédiatrique de cancérologie pour redonner la joie de vivre aux enfants malades : « Mes enfants peuvent être malades, mais ils peuvent et doivent être heureux. », a – t-elle déclaré au New York Times.

Un bel hommage

Faire renaître le sourire sur leurs lèvres est l’objectif de cette veuve qui a hérité il y a 16 ans, du permis de taxi de son défunt mari. « J’ai trouvé un amour si profond en lui et dans sa mort que j’ai décidé de faire vivre son taxi », a-t-elle expliqué au journal newyorkais. « Je voulais lui rendre hommage, en faisant de son Milano 25 le plus beau taxi du monde, si spécial que personne ne l’oublie ».

A l’intérieur de cet audacieux taxi florentin, les jeunes patients peuvent oublier un temps leur maladie. Celle qu’ils surnomment affectueusement « Tata Caterina » leur offre gratuitement des voyages de jour. A l’intérieur du véhicule, ils peuvent jouer avec des épées en plastique, crier dans un mégaphone pour se défouler ou encore souffler des bulles de savon.

« Je ne suis pas un clown »

En 2007, la tante conductrice de taxi la plus connue d’Italie, a parcouru plus de 28.900 kilomètres entre Florence et Moscou pour effectuer sa tournée auprès des hôpitaux en mal de bonheur. La généreuse toscane refuse qu’on l’apparente à la « clown-thérapie ». D’ailleurs, vous ne la verrez jamais porter de nez rouge : « Je ne suis pas un clown, a-t-elle souligné. Je suis conductrice de taxi. Alors je fais du taxi-thérapie. »

Son taxi coloré se distingue de tous les autres de la ville. Le soir, il devient un taxi normal et prend des clients. Certains n’osent pas monter dans le véhicule extravagant, ils trouvent que « c’est trop » et Caterina respecte leur choix. D’autres curieux frappent à la fenêtre et demandent à réserver ses services.

Ambassadrice de la solidarité toscane

Alors que la police lui avait demandé de retirer les photos collées sur les vitres du véhicule, pour un souci de visibilité et de sécurité routière, elle a été soutenue par une figure d’Etat. Eugenio Giani, président du cabinet régional, l’a défendue auprès de la police.

« Elle est un extraordinaire moteur de solidarité et j’ai senti que sa ville devrait l’aider un peu », a déclaré Eugenio Giani. Il envisage de faire reconnaître Caterina Bellandi comme « ambassadrice de la solidarité de la Toscane », un titre honorifique marquant le soutien officiel de la région.

« Elle fait partie de la famille »

Caterina est devenu un symbole et a gagné en notoriété, des parents d’enfants malades la recherche sur Internet pour qu’elle vienne apporter de la joie à leurs petits. « J’étais désespérée et je cherchais un soutien », a déclaré Francesca Scaturro, mère de Giulia, une fillette de 5 ans atteinte d’une forme grave du cancer du cerveau. Elle a donc écrit un courriel au site web de Caterina Bellandi. La dévouée conductrice s’est présentée à l’hôpital où Giulia était soignée. Elle a apporté une pizza avec elle, et a insisté pour que la maman de 34 ans prenne une part. Ce premier contact insolite au vu des circonstances a été le début d’un lien incroyable.

La femme a suivi l’enfant pendant toute la durée du traitement. Avec d’autres familles d’enfants cancéreux, elles sont allées en Sicile et ont vécu des vacances formidables. « Elle est maintenant considérée comme un membre de la famille », a déclaré Francesca Scaturro. Giulia l’appelle "Tatie" ».