Laos: Des chercheurs réclament des «congés maternité» pour les éléphantes

ANIMAUX Le travail intensif des éléphantes pendant la gestation met leur espèce en péril…

N.M avec AFP

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Les longues périodes de gestation et d'allaitement et des éléphants ne sont pas compatibles avec le travail de la femelle.
Les longues périodes de gestation et d'allaitement et des éléphants ne sont pas compatibles avec le travail de la femelle. — CATERS/SIPA
  • Le nombre d’éléphants au Laos a diminué de moitié ces trois dernières décennies
  • Des chercheurs préconisent un congé maternité pour favoriser la viabilité du pachyderme

Ce vendredi, des chercheurs du CNRS et de l’association française Beauval Nature publient sur Scientific Reports, les résultats de leur étude sur l’impact des pratiques socio-économiques du Laos sur la viabilité des éléphants.

Un congé maternité pour les éléphantes

Ces trente dernières années, la population d’éléphants au Laos a diminué de moitié. Pour enrayer la disparition des éléphants dans ce pays, des chercheurs préconisent la mise en place de « congés maternité » afin que les éleveurs ne sollicitent plus les femelles pendant la période de gestation.
« Le travail des éléphants domestiques impacte fortement leur fécondité », explique Gilles Maurer, chercheur au CNRS et coauteur de l’étude. Et d’ajouter : « La longue gestation (22 mois) et la période d’allaitement (2 ans) ne sont pas compatibles avec le travail de la femelle, en particulier pour l’industrie de débardage du bois ».

Le travail des éléphants domestiques impacte fortement leur fécondité.
Le travail des éléphants domestiques impacte fortement leur fécondité. - © CATERS/SIPA

Les propriétaires d’éléphants indemnisés

Or depuis l’ouverture du pays à l’économie de marché ces deux dernières décennies, le travail des pachydermes s’est intensifié au Laos. La mise en place de congés maternité indemnisant la perte financière des éleveurs, leur permettrait de se passer des services des femelles pendant cette longue période et de sauver le petit éléphanteau à naître.

Le Laos, autrefois surnommé le « pays du million d’éléphants », n’en compte plus qu’environ 800. La moitié vit à l’état sauvage, l’autre moitié est domestiquée. De plus, l’exportation d’éléphants du Laos vers des pays voisins à des fins touristiques menace la survie de l’espèce.