Australie: Un texto oublié a la même valeur qu'un testament

INSOLITE En Australie, la justice honore les dernières volontés d’un homme en s’appuyant sur le brouillon d’un texto…

Naomi Mackako

— 

Un jeune et son téléphone portable.
Un jeune et son téléphone portable. — Pixabay/anar404

« Toi [son frère] et [le neveu], gardez tout ce que j’ai, la maison, ma retraite, mettez mes cendres dans le jardin. [L’épouse] prendra seulement ses affaires, elle va bien, elle est ENCORE retournée avec son ex, je déclare forfait. » Ce texto a été signé par un Australien de 55 ans, juste avant de se suicider. Suivi de ses coordonnées bancaires, d’une émoticône et des mots « Mon testament », le texte a été officiellement reconnu ce lundi comme les dernières volontés de son auteur.

L’affaire fait grand bruit en Australie, comme le relate The Verge, sachant que c’est la première fois qu’un texto y fait office de texte officiel, et que ce dit texto n’a jamais été envoyé mais a été retrouvé dans le téléphone portable du défunt.

« Il était conscient de la nature et de l’étendue de ses biens »

L’épouse du quinquagénaire faisait, elle, valoir que ce texto n’avait pas de valeur juridique. C’était sans compter sur la juge Susan Brown qui, dans son arrêt rendu ce lundi, a tranché : « La référence à sa maison, à sa pension de retraite et la précision sur le fait que sa [femme] devait prendre ses propres affaires témoignent qu’il était conscient de la nature et de l’étendue de ses biens, qui étaient relativement modestes. »

>> A lire aussi : Metz: Il lègue ses biens par SMS avant de mourir, sa femme déshéritée conteste

« Le caractère informel de ce texte ne l’empêche pas d’être suffisant pour représenter les intentions testamentaires du défunt. (…) Le défunt n’avait pas de relation véritable avec son fils et ses relations avec sa femme étaient « tumultueuses » », a avancé la cour suprême de Brisbane.

La juge Susan Brown a cependant relevé que l’épouse et le fils du défunt pouvaient toujours essayer de faire valoir leurs droits sur une partie des biens et ce, devant la justice des affaires familiales.