VIDEO. Italie: Un robot chef d'orchestre dirige un concert philharmonique à Pise

HUMANOID Le robot YuMi a dirigé mardi l’orchestre philharmonique de Lucca, lors du concert de clôture du Festival international de la robotique…

Marie Lombard

— 

Asimo, le robot d'Honda, dirige l'orchestre de Detroit en 2008
Asimo, le robot d'Honda, dirige l'orchestre de Detroit en 2008 — Paul Sancya/AP/SIPA

De sérieux concurrents pour les chefs d’orchestre ? Pour les derniers jours du premier Festival international de la robotique, qui se tenait du 7 au 13 septembre 2017 à Pise (Italie), la société suisse ABB et l’orchestre philharmonique de Lucca ont dévoilé le fruit ambitieux de leur coopération : un robot qui mène l’orchestre.

Appelé YuMi, le petit nouveau est équipé de deux bras articulés et d’un buste posé sur un socle. Mardi, il a dirigé l’orchestre philharmonique de Lucca, accompagné de la soprano Maria Luigia Borsi et du ténor Andréa Bocelli, pour le concert de clôture du Festival international de la robotique, au théâtre Verdi de Pise. Sur les airs de « La Donna é mobile » et « O mio babbino caro », YuMi a agité sa baguette devant un parterre de spectateurs médusés.

Le robot YuMi en construction, en mai 2016
Le robot YuMi en construction, en mai 2016 - Radek Petrasek/AP/SIPA

« C’est juste un bras, pas un cerveau, ni un cœur »

Selon Andrea Colombini, le chef d’orchestre (humain) qui dirige habituellement le Philharmonique de Lucca, l’entraînement pour arriver à ce résultat n’a pourtant pas été des plus aisés. « C’était extrêmement difficile de l’entraîner, » explique-t-il à l’AFP. « Ce n’était pas vraiment le coup de foudre. Au début, j’étais sans cesse remonté parce qu’il n’arrêtait pas de se bloquer, et il fallait 25 à 30 minutes pour le réinitialiser ». De plus, le robot doit être minutieusement programmé, étant incapable d’improviser et de réagir à un changement impromptu de tempo.

Toutefois, reconnaît le chef d’orchestre, « la gestuelle du meneur a été entièrement reproduite par ordinateur, à un niveau que je pensais impossible. C’est un incroyable pas en avant, compte tenu de la rigidité des gestes des robots précédents ».

Asimo, le robot d'Honda, dirige l'orchestre de Detroit en 2008
Asimo, le robot d'Honda, dirige l'orchestre de Detroit en 2008 - Paul Sancya/AP/SIPA

Alors, les chefs d’orchestre doivent-ils d’ores et déjà ranger leurs baguettes ? Loin de là. Selon Andrea Colombini « il n’y a aucune chance que [les robots] remplacent la sensibilité et l’émotion d’un chef d’orchestre, parce qu’un robot n’a pas d’âme. C’est juste un bras, pas un cerveau, ni un cœur. » Pour preuve, un précédent robot chef d’orchestre développé par Honda avait vu le jour en 2008, avant de tomber dans l’oubli.