Amazonie: Un singe doté d’une remarquable coupe au bol repéré pour la première fois en 80 ans

ANIMAUX Un saki moine de Vanzolini, singe doté d’une coupe au bol, a été repéré par des scientifiques en Amazonie. Il n’avait plus été vu vivant depuis 1936…

Marie Lombard

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Qui de Mireille Mathieu ou du saki Moine a copié l'autre?
Qui de Mireille Mathieu ou du saki Moine a copié l'autre? — Screenshot House Amazon

Trois mois dans la jungle à la recherche d’un singe disparu. En février dernier, une expédition constituée d’une équipe de huit primatologues, de guides, d’un photographe et d’un opérateur de drône est partie sur la rivière Jurua, en pleine forêt amazonienne, à la recherche du saki moine de Vanzolini.

Ce singe rarissime, doté d’une coupe au bol à faire rougir Mireille Mathieu, n’avait pas été vu en vie depuis plus d’un siècle. Car depuis sa découverte en 1936, par le naturaliste équatorien Alfonzo Ollala, les scientifiques avaient joué de malchance. Ainsi, l’ornithologue Fernando da Costa et le taxidermiste M. M. Moreira sont parvenus à approcher deux spécimens de très près en 1956. Malheureusement, ces derniers étaient morts et ont probablement rejoint la collection du taxidermiste. Début 2017, un nouveau cadavre de Saki Moine est tombé entre les mains des scientifiques, comme beaucoup de singes, ce spécimen avait été tué pour sa viande.

La chasse et la déforestation, ennemies du saki

Pour la primatologue Laura Marsh, il était donc temps de partir explorer la jungle à la recherche d’un saki moine vivant. Son équipe Houseboat Amazon s’est donc enfoncée dans le bassin de l’Amazone, à l’affût du moindre indice. Les scientifiques ont été particulièrement chanceux : après seulement quatre jours d’expédition, le guide Ivan Batista a repéré un de ces singes, à 60 mètres de hauteur perché dans un arbre. Autant trouver une aiguille dans une botte de foin.

L’équipe a pu observer ces singes pendant 3 mois, mais a également rassemblé de précieuses données sur d’autres espèces animales présentes des rives sud de la Jurua à la côte ouest de la rivière liberdade. Le constat est mitigé. « Compte tenu de ce que nous avons vu, si aucun contrôle supplémentaire sur la chasse et la déforestation n’est mis en place au-delà des frontières des réserves, l’état de conservation du saki peut devenir critique », a expliqué Laura Marsh à Mongabay. « La plupart des grands singes, qui représentent une ressource alimentaire privilégiée [pour les communautés locales], ont été chassés hors des forêts, le long des rivières Eiru et Liberdade. »