Stephen King bloqué par Trump sur Twitter: Au-délà de l'anecdote, un déni de démocratie

COMMUNICATION Le compte personnel de Donald Trump sur Twitter a bloqué l’auteur Stephen King. Plus encore qu’une anecdote, il s’agit d’un déni de démocratie répandu chez les républicains…

Marie Lombard

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Donald Trump a bloqué Stephen King sur Twitter : Et concrètement, ça implique quoi pour la liberté d'expression ?
Donald Trump a bloqué Stephen King sur Twitter : Et concrètement, ça implique quoi pour la liberté d'expression ? — J. David Ake/AP/SIPA

« Je vais peut-être devoir me suicider. » Tels ont été les mots ironiques de Stephen King, mardi, lorsqu’il a découvert que Donald Trump ne faisait plus partie de ses relations Twitter. Le célèbre romancier auteur de Shining a en effet été bloqué sans préavis par le compte personnel du président des Etats-Unis, @realDonaldTrump.

« Trump m’a bloqué la lecture de ses tweets. Je vais peut-être devoir me suicider. »

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Ce sont sans doute ses précédents tweets qui ont contribué à agacer le bouillonnant président américain. Cinq heures auparavant, Stephen King avait ainsi réagi au refus des juges suprêmes de valider le décret sur l’immigration, en affirmant que « si Ivanka Trump avait grandi dans un État agricole, comme certains d’entre nous, elle saurait que son père récolte ce qu’il a semé ». La veille encore, c’était la politique de Donald Trump qui était dans le viseur de l’auteur de Shining, qui déclarait que « le cabinet de Trump [donnait] des cours de post-licence en léchage de cul ». Bref, le président a écarté Stephen King comme un roi répudierait un sujet encombrant.

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Le compte Twitter perso de Donald Trump : un « forum de débat public »

Et le romancier n’est pas le seul à avoir subi ce sort. Des centaines d’internautes déclarent ainsi avoir été exclus de la bulle Trump d’un simple clic. Le phénomène est tel qu’une ONG rattachée à Columbia, l’Institut des chevaliers du premier amendement, a écrit une lettre au président la semaine dernière. Son point de vue est simple : « L’usage acharné de Twitter » par Donald Trump qui y informe les citoyens de ses mesures politiques, a changé son compte personnel @realDonaldTrump en « forum de débat public ». Ce constat est d’autant plus vrai que Donald Trump a refusé de s’exprimer uniquement sur son compte officiel, @potus.

« Trump m’a bloqué après ce tweet : "Trump a raison. Le gouvernement devrait protéger le peuple. C’est pourquoi les cours de justice nous protègent de lui". Espérons tous que les cours continuent de nous protéger. Qu’elles n’arrêtent jamais de résister. »

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Un déni de démocratie qui s’étend parmi les Républicains

Las, le président n’est pas le seul à agir de la sorte et de nombreux parlementaires républicains considèrent également que tout citoyen en désaccord est un citoyen (numériquement) mort. Le Parti démocrate dans le Kentucky a créé un hashtag #BevinBlocked pour recenser ceux qui ont été bloqués par le gouverneur républicain Matt Bevin.

Dans le Texas, c’est un groupe d’activistes local qui a créé des tee-shirts pour dénoncer cette pratique. Bref, le tournant pris par les républicains contre la liberté d’expression amène inévitablement à la question : peut-on parler de démocratie lorsqu’un certain pourcentage de la population est exclu du débat public ?