VIDEO. Des images satellites inédites de Raqqa, le fief syrien de Daesh

DAESH Un satellite de l’entreprise d’analyses géospatiales britannique McKenzie Intelligence Services a pris en mars des photos de Raqqa, le fief de Daesh...

Marie Lombard
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La ville de l'Etat Islamique Raqqa vue par satellite
La ville de l'Etat Islamique Raqqa vue par satellite — Screenshot CNN Imagery CNES 2017

Frontières surveillées et confiscation de pièces d’identité : l’Etat Islamique a consciencieusement fermé ses portes aux « ennemis » du Califat dans les zones irakiennes et syriennes qu’il contrôle. Toutefois, malgré toutes ces précautions destinées à garder secrètes les activités de l’organisation terroristes, les djihadistes n’échappent pas aux yeux des puissances internationales. Des images satellites fournies par l’entreprise d’analyses géospatiales britannique McKenzie Intelligence Servicesà CNN révèlent ainsi les aménagements de Daesh sur son territoire et plus particulièrement dans son autoproclamée capitale syrienne, Raqqa.

Très peu d’images du fief ont filtré au travers du rempart de censure mis en place par Daesh. Les images prises par les satellites de McKenzie Intelligence Services le 26 mars se placent donc parmi les rares témoins du fonctionnement de l’Etat Islamique à l’heure où celui-ci est attaqué par la coalition des alliés, le front kurde et le régime de Damas.

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Sont visibles deux checkpoints sur la route principale qui longe les supposés quartiers généraux des combattants de Daesh. Réputés détruits par la coalition, les bâtiments semblent pourtant avoir survécu aux tirs de précision. Sur la gauche, complètement détruit par les bombardements, se situe un immeuble qui abritait il y a encore un an le centre de commandement de l’Etat Islamique. Proche de là, le drapeau noir du califat flotte au vent.

Vue des Checkpoints autour de bâtiment ( en haut) du quartier général de l'EI
Vue des Checkpoints autour de bâtiment ( en haut) du quartier général de l'EI - Imagery CNES 2017

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Des destructions moins nombreuses qu’attendues

Les images montrent également un pont enjambant l’Euphrate, bombardé en son extrémité par les alliés de la Syrie. Selon CNN, cette destruction ciblée a été faite proche d’une rive afin que la reconstruction par les forces syriennes soit plus aisée. Enfin, les analystes ont identifié de longues bâches blanches étendues sur toute la longueur d’une artère. Elles sont destinées à masquer les soldats du califat de la vue des drones de surveillance.

Le pont sur l'Euphrate détruit par la coalition
Le pont sur l'Euphrate détruit par la coalition - Imagery CNES 2017
Des bâches blanches dans les rues pour cacher les activités de l'EI aux drones de surveillance
Des bâches blanches dans les rues pour cacher les activités de l'EI aux drones de surveillance - Screenshot Imagery CNES 2017

Selon l’analyste de McKenzie Intelligence Services interrogé par CNN, les destructions par bombardements aériens sont moins nombreuses qu’attendues. De nombreux bâtiments abritant des infrastructures, sans qu’il soit pour l’instant possible de connaître leur fonction, sont encore debout. En somme, depuis l’espace cette ville n’a pas l’allure d’une zone de guerre.

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L’isolationnisme informationnel de Raqqa

Après 3 ans de domination du califat sur cette zone, la ville de Raqqa s’est repliée sur elle-même et isolée des flux internationaux… y compris de ceux informationnels. Les rares images illustrant la vie dans la capitale font froid dans le dos. Entre vidéos d’exécutions sur la place publique produites par l’agence de communication de Daesh Amaq et furtives prises de vue publiées sur les réseaux sociaux, par certains journalistes, tels ceux de Vice en 2014, qui ont réussi à s’introduire dans la ville ou à convaincre des gens de filmer la vie quoditienne pour eux. Il y a tout juste un an, le média suédois Expressen TV avait ainsi récupéré des images provenant de femmes cachant leurs caméras sous leurs niqabs.