Candidats et abstention: Les pronostics les plus ratés concernant le premier tour

POLITIQUE Ces derniers mois, les pronostics sont allés bon train concernant le premier tour de la présidentielle. Tour d’horizons des prévisions les plus ratées au lendemain de l’élection…

Marie Lombard

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Certaines prévisions ont été déjouées par le vote des Français dimanche
Certaines prévisions ont été déjouées par le vote des Français dimanche — KONRAD K./SIPA

Abstention record, duel Fillon-Le Pen et attentat… Les pronostics ont été nombreux avant le premier tour et plus nombreux encore ont été les prophètes dans l’erreur. Si certains ont manifestement fait preuve d’une admirable clairvoyance, l’annonce dimanche du duel Le Pen-Macron pour le second tour a dû en laisser quelques-uns pantois. Entre éditos, sondages et pourcentages, retour sur les prédicitions les plus ratées des experts et politologues concernant le premier tour.

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Un attentat pour faire remonter Fillon

Qu’elle ait été correctement interprétée ou pas, la remarque de l’éditorialiste de L’Express Christophe Barbier sur le plateau de BFM TV le 17 février en a fait bondir plus d’un. En direct à l’antenne, le journaliste a ainsi calmement expliqué que des attentats seraient en mesure de « sauver » la campagne de François Fillon, diminué par les soupçons d’emploi fictifs concernant le poste à l’Assemblée nationale de sa femme Penelope. Ainsi Christophe Barbier explique-t-il que « des situations tragiques, qui d’un seul coup feront disparaître l’affaire Penelope » seraient nécessaires au candidat LR. Malheureusement, l’attentat du 20 avril sur les Champs Elysées a donné aux Français la possibilité de vérifié la véracité des propos de Christophe Barbier et celle-ci est quasi-nulle. En effet, si François Fillon a obtenu un résultat supérieur à celui qu’anticipaient certains, ce dernier n’a cependant pas été suffisant pour lui permettre d’accrocher le second tour. Avec ses 19.9 %, l’aventure rocambolesque du candidat LR s’est arrêtée au premier.

Le match Fillon-Le Pen au second tour

Le troisième ratage concernant l’élection présidentielle a été acté par la société canadienne d’études d’opinion et de big data Filteris. A 6 jours du premier tour, l’entreprise a ainsi prédit que le succès de François Fillon rejoindrait celui de Marine Le Pen pour le second round des présidentielles. Selon les chercheurs de la société, le candidat LR réduisait progressivement son écart avec Marine Le Pen et devait prendre la seconde place dans le cœur des Français avec 21.5 % des suffrages. Filteris a également signé l’échec du big data face aux sondages en promettant 21.3 % des voix à Jean-Luc Mélenchon (qui a en fait obtenu 19.6 %) et 20.03 % à Emmanuel Macron (qui est en tête avec 23.9 %).

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Un taux d’abstention reccord

Si le Big data n’a pas su prouver sa valeur sur le sujet, inutile cependant de jeter des fleurs aux sondeurs. A l’heure où les sondages sont « au plus bas », ayant été vertement critiqués pour de mauvais pronostics avant le Brexit et l’élection de Donald Trump, les prévisions erronées concernant l’abstention au premier tour ne sont pas pour leur servir. Ainsi, l’étude quotidienne de l’Ifop prévoyait dans son édition du 7 avril une abstention de 35 %, soit un taux jamais vu sous la Vème République, avant de l’abaisser à 28 % dans la dernière quinzaine. Les 19 et 20 avril c’était au tour de l’Ipsos qui annonçait un taux de participation de 73 %. Au vu des informations disponibles au soir du premier tour, il est pourtant clair que le scrutin a mobilisé plus que prévu puisque la participation finale avoisinerait 78 à 81 %, un résultat possiblement supérieur aux 79.5 % de 2012.

Le réveil du « vote caché » pro-Fillon

C’était l’argument phare des Fillonistes sur cette fin de campagne. En dépit de son retard dans les sondages et d’une mise en examen, le candidat LR était supposé avoir toujours une chance de l’emporter au second tour grâce à une « majorité silencieuse » prêt à l’appuyer mais pas à le revendiquer. C’était l’opinion du professeur à Sciences Po et directeur général de la fondation pour l’innovation politique Dominique Reynié. Interrogé par LCI le 15 mars, il déclarait ainsi qu’il n’était « pas exclu que des personnes qui ont l’intention de voter Fillon ne le disent plus aux instituts de sondages ». Une théorie mise à mal par le fait que les sondages soient souvent faits sur Internet et anonymement. En tout cas, il en fallait plus pour sauver François Fillon du naufrage de la droite.