Zambie: Le jour de congé autorisé pendant les règles fait débat

FEMMES La Zambie a adopté une loi qui autorise les femmes à prendre un jour de congé en cas de règles douloureuses. Une mesure qui ne réjouit pas tout le monde…

Marie Lombard
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Des femmes zambiennes à Lusaka
Des femmes zambiennes à Lusaka — Pixnio.com

C’est une des mesures-phare de ce début d’année en Zambie. Le gouvernement du pays vient d’autoriser les femmes à prendre un jour de congé par mois durant leurs menstruations. Cette loi qui accorde « le jour des mères » (car il s’adresse en théorie aux mères), sera en fait appliquée à toutes les femmes actives et leur permettra de rester chez elles afin de gérer la fatigue et les douleurs liées aux menstruations. Pour ce jour les femmes n’auront pas à fournir de certificat médical ou d’arrêt de travail selon la BBC.

Une avancée du droit des femmes…

Les supporters de cette loi estiment qu’elle constitue un progrès dans la reconnaissance des droits des femmes au travail, d’autant plus que cette loi n’aura pas d’impact majeur sur les performances de l’entreprise, le travail à domicile (grâce à internet) étant en plein essor.

Ainsi, Justin Mukosa, directeur d’entreprise dans les relations publiques interrogé par la BBC, considère que « la productivité n’est pas seulement lié à la présence de la personne au travail. Cela devrait simplement dépendre de la production de la personne » qu’elle soit au bureau ou chez elle. Si selon la loi, un patron qui refuse à une employée son « jour des mères » peut-être poursuivi, n’en reste pas moins qu’une femme prise en flagrant élit de mensonge pourra être renvoyée. Ainsi, explique la ministre du travail Zambienne Joyce Nonde-Smukoko à la BBC « il ne faut pas quitter la ville, aller chez le coiffeur, ou faire les boutiques, ce qui serait un motif de licenciement». Elle ajoute qu' une personne ayant été vue en train de faire des travaux de ferme, après avoir posé son congé, a déjà été licenciée ».

…Ou un cauchemar pour la productivité ?

Toutefois les détracteurs de la mesure sont nombreux, spécifiquement parmi les employeurs. Ces derniers dénoncent les possibles abus des femmes d’autant qu 'il n’est pas possible de vérifier la véracité de leurs affirmations. Pour Harrington Chibanda, président de la Fédération des employeurs de Zambie interrogé par Africanews « votre supérieur peut avoir plannifier un travail pour vous quand soudainement vous rester chez vous, cela veut dire que le travail va en pâtir », « imaginez une compagnie dans laquelle 6 ou 7 employées prennent un » jour des mères « le même jour. Que va-t-il se passer pour la productivité ? ». Mutinta Musokotwane-Chikopela, employée dans le secteur marketing, considére quant à elle « les règles sont une chose normale pour le corps de la femme, c’est comme être enceinte ou accoucher ». Normal peut-être, mais certainement pas indolore.