Campagne de recrutement: La page Facebook de la police se fait méchamment troller

WEB De nombreux internautes ont posté des messages insultants à l’égard des forces de l’ordre…

A.B.

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La campagne de recrutement lancée par la police nationale sur Facebook a été trollée.
La campagne de recrutement lancée par la police nationale sur Facebook a été trollée. — Police nationale / Facebook

« Rejoignez-nous ! » Ce vendredi, la police nationale a publié sur sa page Facebook une offre de recrutement : 500 postes d’adjoints de sécurité sont à pourvoir en Ile-de-France. L’objectif, assez évident, est de capter l’attention des personnes intéressées par le job sur les réseaux sociaux. Mais l’opération semble tourner au trolling carabiné, alors que de nombreux commentaires d’un goût plus que douteux ont accueilli cette campagne de recrutement.

La campagne de recrutement lancée par la police nationale sur Facebook a été trollée.
La campagne de recrutement lancée par la police nationale sur Facebook a été trollée. - Police nationale / Facebook

Au choix, il y a les très moqueurs : « Bonjour, je n’ai aucune qualification, aucun diplôme, mais j’ai toujours pensé que c’est en discriminant et en contrôlant au faciès les populations les plus paupérisées qu’on réglerait le problème du terrorisme. J’adore regarder le JT de Jean-Pierre Pernaut et tenir des propos racistes devant mon poste de télévision. »

Les très narquois : « Bonjour, Ayant subi du "racisme anti-Blancs" et une féminisation de mon statut d’homme toute ma jeunesse, j’aimerai rentrer dans vos rangs. En effet, je pense que c’est parmi vous que j’aurai le plus de chance d’assouvir mes pulsions sur les minorités, qui, nous le savons bien, ne méritent pas vraiment le même statut que nous, les hommes (blancs). »

Et les très cyniques : « Bonjour, je souhaiterais de tout cœur servir et protéger des politiciens qui tapent dans la caisse tout en persécutant des voleurs de scooters. »

De nombreux commentaires insultants ont été postés sur la page Facebook de la Police nationale.
De nombreux commentaires insultants ont été postés sur la page Facebook de la Police nationale. - Police nationale / Facebook

Du côté de la police nationale, on explique que « tous les commentaires ont été postés via un lien sponsorisé, et qu’il est par conséquent impossible de les modérer ».

45.000 euros d’amende

De leur côté, les internautes ignorent sans doute que ce type de propos tombe sous le coup de la loi. En pratique, que risquent-ils à poster ce genre de messages en ligne ? « Si personne n’est nommément cité dans ces commentaires insultants, alors cela ne relève a priori pas de la diffamation publique, explique Didier Rebut, professeur de droit pénal à l’université Paris II. Toutefois, le législateur a créé une exception : l’article 30 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui dispose que "La diffamation commise […] envers les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l’air, les corps constitués et les administrations publiques, sera punie d’une amende de 45 000 euros". Un cadre qui englobe la police nationale et qui s’applique dans ce cas précis puisque les messages injurieux ont été postés sur une page publique accessible à tous ».

Donc si la justice décidait de se lancer après les petits malins, chacun d’entre eux encourrait une amende maximale de 45.000 euros.

Mais tous les internautes ne partagent pas le même état d’esprit. Sous les nombreux commentaires injurieux qui ont été postés, une internaute s’est émue de « ces messages de haine envers les policiers », rappelant qu’ils ont « risqué leurs vies lors des attentas et ont peut-être sauvé des personnes de votre entourage ».

Une internaute a quant à elle pris la défense des forces de police.
Une internaute a quant à elle pris la défense des forces de police. - Police nationale / Facebook