«Envoyé Spécial»: La conseillère en Com' de Nicolas Sarkozy balance des SMS d'un journaliste sur Twitter

AFFAIRE BYGMALION France 2 a diffusé jeudi soir un reportage exclusif consacré à l’affaire Bygmalion autour du financement de la campagne présidentielle de 2012…

H.S.

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Nicolas Sarkozy a donné "rendez-vous" mercredi soir sur TF1 aux abonnés à son compte Twitter, lancé le matin même, affirmant qu'il avait "accepté l'invitation" de la chaîne pour le journal télévisé de 20h.
Nicolas Sarkozy a donné "rendez-vous" mercredi soir sur TF1 aux abonnés à son compte Twitter, lancé le matin même, affirmant qu'il avait "accepté l'invitation" de la chaîne pour le journal télévisé de 20h. — Thomas Coex afp.com

La diffusion, jeudi, du numéro d’Envoyé Spécial consacré à l’affaire Bygmalion continue de faire des remous. Après le psychodrame relaté par le journal satirique Le Canard Enchaîné suscité par le report de programmation du reportage, la polémique se poursuit ce samedi avec la publication par la chargée de communication de Nicolas Sarkozy de SMS envoyés par l’un des journalistes à l’origine de l’enquête.

La réaction de Véronique Waché, en charge de la communication de l’ancien Président, fait suite à la publication d’un article intitulé Bygmalion : Quand un ami de Carla Bruni plombe la défense de Nicolas Sarkozy  sur le site du Huffington Post.

En cause, les révélations, dans le sujet diffusé sur France 2, de Laurent Ferlé, proche de Nicolas Sarkozy et compositeur de l’hymne officiel du candidat Sarkozy en 2012. Le musicien expliquait avoir été facturé 86.000 euros, soit le double de ce que l’équipe avait déclaré.

Selon le site, le journaliste auteur de l’enquête, Tristan Waleckx, avait déclaré que Laurent Ferlé avait subi des pressions de la part de l’entourage de Nicolas Sarkozy pour retirer son interview. Une version contestée ce jour par Véronique Waché qui a diffusé sur Twitter le contenu de SMS du journaliste envoyés au compositeur. « Cher @tristanwaleckx aucune pression, juste un appel de quelqu’un affolé d’avoir été manipulé. Un exemple de vos SMS ? », écrit l’attachée de presse.

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Sur les captures d’écran, on peut lire notamment : « Notre reportage a pour but de rétablir l’honneur des prestataires qui ont participé à cette belle campagne de 2012 en leur donnant la parole et en montrant la réalité de leurs prestations. La presse a tellement maltraité cette question que je comprends tes doutes mais tu peux vraiment être 100 % rassuré sur ce point ».

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Des pressions sur les intervenants de l’enquête ?

Vendredi, le journaliste confiait à La Libre Belgique, avoir déjà subi les foudres de Véronique Waché : « Elle a été assez dure avec moi, à la limite de l’insulte quand je l’ai eue au téléphone. Elle a passé des coups de fil à ma direction, je ne sais pas si on peut appeler ça des pressions, mais c’était apparemment particulièrement insistant on va dire. »

Sollicités par les équipes d’Envoyé spécial, ni Nicolas Sarkozy ni son entourage n’ont accepté de répondre à leurs questions. Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy et de treize autres mis en examen pour financement illégal de sa campagne de 2012. Les juges d’instruction décideront début octobre s’ils renvoient, ou non, Nicolas Sarkozy devant un tribunal correctionnel.