Deux jours après, cette phrase de Nicolas Sarkozy n’a toujours pas été traduite

SYNTAXE Le candidat à l’élection présidentielle 2017 a posé une nouvelle colle à son auditoire en brouillant les pistes syntaxiques samedi soir…

O. P.-V.

— 

Nicolas Sarkozy durant l'hommage national aux Harkis le 25 septembre 2016 à Paris.
Nicolas Sarkozy durant l'hommage national aux Harkis le 25 septembre 2016 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Ce samedi, Nicolas Sarkozy était à Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour un meeting en vue de la primaire de son parti qui désignera en novembre le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle 2017. Depuis plusieurs semaines, l’ancien chef de l’Etat axe sa communication sur l’identité et le discours qu’il a prononcé à cette occasion portait entre autres sur ce thème.

Plusieurs citations en ont été extraites, et reproduites sur le compte Twitter du candidat. L’une d’elles a causé quelques maux de tête : « Je veux redire l’amour de la France à ceux qui sont nés du plus beau des droits d’être Français : le droit de la volonté et de la fidélité au drapeau. »

Si le message semble clair, la construction de la phrase est en revanche plus douteuse. Les réseaux sociaux s’en sont évidemment emparés, entre ceux qui ne l’ont pas du tout comprise et ceux qui cherchent la raison de cette complexité superflue.

L’ancien président adapte souvent la langue française

Qu’il soit admirateur de Proust ou simplement perdu dans les méandres de la syntaxe, Nicolas Sarkozy a une tendance à employer des formulations alambiquées. En octobre 2015, il déclarait ceci à Limoges : « Je voudrais leur dire qu’on a reçu le coup de pied au derrière, mais c’est pas parce que vous renversez la table que vous descendez de la voiture dont vous abstenez de choisir le chauffeur. »

Pas évident du premier coup, mais il y a bien un sens à cette sentence, sorte de métaphore sur le rejet de la classe politique par les électeurs.

Nicolas Sarkozy ne malaxe pas que la syntaxe à sa sauce, il renouvelle également des expressions et crée des mots-valises. Le 9 décembre 2015, pendant l’entre-deux tours des élections régionales, il tentait ainsi sur le plateau de David Pujadas une autre métaphore pour illustrer les possibilités d’accords avec le PS avant le second tour : « Ce n’est pas comme ça que ça se passe, c’est pas "passe-moi la salade, je t’envoie la rhubarbe". »

>> A lire aussi : VIDEO. «Salade et rhubarbe»: Sarkozy avait presque bon sur son expression

Deux jours plus tard sur France Inter, commentant l’action de François Hollande, il assurait comprendre que les électeurs de gauche soient « tourneboussoler ».

Enfin, l’une de ses plus célèbres formules concerne la « baisse tendancielle de la hausse du chômage » (ce qui veut dire que le chômage augmente moins vite). Nicolas Sarkozy l’a prononcée en mars 2012, alors en campagne pour un second mandat présidentiel.